Evénements extrêmes

Ce sont les extrêmes de pluviométrie qui sont potentiellement porteurs des impacts les plus lourds.

en savoir + Imprimer (PDF)

Événements anormalement chauds vers 2085 en France

Événements anormalement chauds vers 2085 en France Projections des événements anormalement chauds pour les mois de juillet et août en France métropolitaine autour de 2085 : nuits tropicales, journée très chaudes...

Liste des modules associés

  • Intensité des précipitations

    Intensité des précipitations   L'intensité des précipitations est définie comme la moyenne annuelle ...
  • Jours de sécheresse

    Jours de sécheresse L'allongement des périodes de sécheresse est en moyenne globale visible pour tous ...
  • Facebook Twitter

Evénements extrêmes

Sans surprise les modèles prévoient, pour l’avenir des événements extrêmes, une prolongation des tendances actuelles… plus ou moins affirmée selon l’intensité des émissions. Ainsi les modèles sont unanimes sur le fait que l’accroissement déjà observé de la fréquence des vagues de chaleur, et de leur intensité, s’aggravera dans l’avenir. Il faut d’ailleurs noter que la durée des vagues de chaleur, en cas de montée de la moyenne des températures, s’allonge mécaniquement par coalescence des épisodes chauds, qui ont de moins en moins de périodes fraîches pour les séparer… Dans la plupart des scénarios climatiques, un été comme celui de 2003 en Europe, historique par l’ampleur de ses impacts sanitaires et écologiques, sera un été moyen, voire plutôt frais.

Effet théoriquement bénéfique de cette évolution, du moins du point de vue agronomique, le nombre de jours de gel s’abaissera, et la saison de végétation, définie comme la période durant laquelle les températures dépassent 5°C, s’allongera partout. Ni les écosystèmes ni l’agriculture (sauf peut-être aux hautes latitudes) ne devraient véritablement profiter de ces changements à priori favorables, néanmoins, car d’autres facteurs – et principalement la disponibilité en eau – viendront contrarier leurs effets.

Car ce sont les extrêmes de pluviométrie qui sont porteurs des impacts les plus lourds. Aux latitudes moyennes, les modèles sont consensuels sur un assèchement estival, même si son ampleur est encore incertaine. Ainsi dans le scénario A2 les zones subissant au moins une sécheresse estivale dans l’année passeraient, selon le 4ème rapport du GIEC, de 1% des terres émergées aujourd’hui à 30% en 2100. Il faut d’ailleurs noter que ce phénomène agit en retour sur les extrêmes de chaleur, qui deviennent plus sévères : l’humidité du sol a un effet atténuateur sur les pics de température. En région méditerranéenne, plusieurs études ont signalé un risque accru d’incendie du fait de cet assèchement.

Ceci, on l’a vu, ne contredit pas la hausse du risque d’inondations, les précipitations évoluant vers des épisodes plus courts et plus intenses selon la majorité des modèles. L’augmentation de l’intensité des pluies fait consensus parmi les modélisateurs, et bien qu’aucun chiffrage rigoureux ne puisse être fait, une intensification de 5 à 10% des pluies par degré de réchauffement a été suggérée. Aux latitudes moyennes, l’accroissement des précipitations sera principalement hivernal, générant un risque accru d’inondations hivernales en Europe comme dans d’autres régions. Le risque de crue augmenterait aussi en régime de mousson, principalement en Asie. Cette évolution devrait se produire même si la moyenne annuelle des précipitations ne change que modérément. Si cette moyenne devait évoluer davantage, elle serait plus sévère encore.

L’évolution des tempêtes de haute latitude et des cyclones tropicaux fait encore l’objet de trop de controverses pour pouvoir faire des projections fiables. Plus généralement, il faut noter que beaucoup d’événements extrêmes ont un caractère local (les vagues de chaleur constituent de ce point de vue une exception), qui suppose des modèles à haute résolution pour étudier leur évolution. Avec l’augmentation de la puissance de calcul et de stockage de l’information, des modèles régionaux plus précis devraient permettre dans les années à venir de mieux quantifier les choses.

Il faut quoiqu’il en soit garder à l’esprit que les dégâts infligés par les événements extrêmes sont loin de dépendre uniquement de facteurs climatiques. Il existe des moyens d’en atténuer les impacts, dispositifs de protection contre les crues, technologies architecturales, pratiques agricoles adaptées etc. Les sociétés humaines ont cependant un accès très inégal à ces moyens – dont le coût sera, de toutes façons, proportionnel à la sévérité du changement climatique.

Référent scientifique

Fabrice Chauvin,

Chercheur au CNRM-GAME (Centre National de Recherches Météorologiques - Groupe d’études de l’Atmosphère Météorologique).