Précipitations

Le réchauffement climatique devrait se traduire par davantage de sécheresses ainsi que de pluies intenses. Il faut en outre s’attendre à une progression des zones arides et à un accroissement de l’inégalité dans l’accès à l’eau.

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Précipitations

Précipitations Les zones grisées sont celles où les projections des modèles sont convergentes. Le déficit de précipitations aux moyennes latitudes est plus marqué en été. A l'inverse, l'excèdent est plus fort en hiver.

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Précipitations

Les projections des modèles climatiques, dans l’ensemble, sont moins unanimes (ou si l’on préfère plus souvent contradictoires) pour les différents aspects du cycle de l’eau que pour les températures.

Le réchauffement atmosphérique devrait néanmoins s’accompagner d’une augmentation de l’eau précipitable (essentiellement sous forme de vapeur) au cours du siècle à venir. Cette projection est robuste, d’autant que le phénomène est déjà observable, et en accord avec les lois de la physique (formule de Clausius-Clapeyron). Ainsi, un réchauffement de 2°C devrait accroître le contenu en vapeur d’eau de l’atmosphère d’une douzaine de pourcents.

La manière dont ce surcroît de vapeur se traduira en matière de couverture nuageuse, par contre, est très incertaine. Elle l’est d’autant plus que la couverture nuageuse, dans sa globalité, a peu d’intérêt : pour comprendre ses incidences climatiques, les scientifiques ont besoin de savoir où la nébulosité changera, à la fois géographiquement, sur le globe, et à quel niveau de l’atmosphère. En effet les nuages bas, généralement plus épais, ont un effet « parasol », masquant le rayonnement solaire, qui se traduit par un refroidissement. A l’inverse les nuages hauts génèrent principalement un effet de serre additionnel, qui induit un réchauffement de la surface. Pour l’instant les modèles semblent majoritairement « voir » une nébulosité qui pourrait contrecarrer légèrement le réchauffement, et une réduction de la couverture nuageuse aux moyennes latitudes. Mais la représentation des nuages reste un point faible de nombreux modèles et cette rétroaction reste malgré tout très incertaine.

Pour ce qui est des précipitations, les modèles prévoient un accroissement en moyenne globale, mais moins marqué (en valeur relative) que pour la vapeur d’eau. Il est très probable, selon les modélisateurs, que les hautes latitudes soient de plus en plus arrosées, tandis qu’on assisterait à une réduction des précipitations dans les régions subtropicales. Ces évolutions sont plus ou moins marquées selon le modèle ou le scénario, mais la tendance est quasi unanime. L’aridification des climats de type méditerranéen semble notamment inéluctable.

D’autres régions, Amazonie mais aussi les moyennes latitudes, pourraient également voir une raréfaction des pluies. Mais cette projection, quoique robuste, reste grossière au niveau de ses limites géographiques. On voit également que les moussons asiatiques et australiennes devraient se renforcer. Mais d’autres régions, pour lesquelles on peut citer l’exemple de l’Afrique de l’Ouest, font l’objet selon les modèles de projections non seulement différentes, mais souvent opposées. A l’échelon global, les fortes précipitations vont devenir plus fréquentes, tandis que les sécheresses seront plus longues et plus sévères ; la fraction des surfaces continentales en zone aride ira croissant. Au plan saisonnier, l’assèchement est aux moyennes latitudes plus marqué pour les étés. En conclusion, bien que l’approvisionnement en eau ne soit pas seulement affaire de climat, mais aussi d’investissement, de technologie, de démographie et de mode de vie, les projections suggèrent que l’accès à l’eau risque de devenir plus difficile avec le réchauffement climatique.

Référent scientifique

Hervé Douville,

Chercheur au CNRM-GAME (Centre National de Recherches Météorologiques - Groupe d’études de l’Atmosphère Météorologique)