Question:

Objet: IRM / tige de Harrington
Intitulé: Je dois prochainement subir une IRM du foie. Je porte une tige de Harrington (opération d'une scoliose en 1985)et j'ai pu lire que tout objet en fer rend l'IRM contre-indiquée. Je ne sais pas si ma tige est "en fer". L'IRM aura-t-elle lieu ? Merci pour votre réponse.

Réponse:

Mots-clés: Santé, Technologie médicale (EP équipement médical)
Réponse:

Bonjour,

Nous allons répondre à votre question sur la possibilité de bénéficier d’un examen par IRM lorsque l’on est porteur d’une tige de Harrington.

Tout d’abord un petit rappel de ce qu’est une IRM :
« Principe de l’IRM
L'appareil permettant cet examen est un aimant très puissant dans lequel passent des ondes radio. La combinaison des énergies délivrées par cet appareil permet de détecter les atomes d'hydrogène contenus dans vos organes. Un ordinateur permet de reconstituer des images à partir de la répartition de l'hydrogène dans les tranches de votre corps. »
http://www.med.univ-rennes1.fr/cerf/infopatient/BD10_a.html

En ce qui concerne les contre-indications d’une IRM, l’encyclopédie médico-chirurgicale nous donne une réponse dans un article paru en 2006 :
Effets secondaires, contre-indications, précautions, accidents et incidents en IRM / F. Curros-Doyo ,F. Benoudiba, D. Doyon :
In Radiodiagnostic VI - Principes et techniques d'imagerie [35-263-A-10]
Etant donné votre localisation parisienne, nous vous invitons à venir consulter à la Bibliothèque des sciences et de l’industrie (BSI) située dans la Cité des sciences et de l’industrie,  l’intégralité de cet article sur le site de l’EM-Consulte, version électronique de l'Encyclopédie médico-chirurgicale.


Dans une Conférence de la SOFCOT (Société française de chirurgie) intitulée Sémiologie IRM de l'appareil moteur /
G. Morvan, de 1997, nous avons trouvé les informations suivantes :
« Les contre-indications absolues sont
- la présence d'un stimulateur cardiaque. On peut en rapprocher d'autres types de stimulateurs (encéphalique médullaire auditifs...) et les pompes à médicaments (insuline chimiothérapie...). Tous ces appareils risquent d'être définitivement lésés par le champ magnétique (même s'ils ne siègent pas dans la région étudiée) avec les conséquences que cela implique ;
- la présence de certains clips vasculaires ferromagnétiques notamment les clips anévrismaux intracrâniens. En principe les clips périphériques ou duremériens et les filtres caves ne se déplacent pas sous l'effet du champ magnétique surtout s'ils sont en place depuis quelques semaines et entourés de fibrose cicatricielle ;
- la présence de corps étrangers métalliques intra-oculaires (risque de cécité) [13]. Ce risque concerne surtout les travailleurs des métaux (fraiseurs tourneurs...) potentiellement porteurs de corps étrangers intra-oculaires méconnus. Au moindre doute il est nécessaire de réaliser des radiographies sans préparation afin d'éliminer une telle hypothèse ;
- la présence d'une valve cardiaque métallique de modèle ancien type STARR.
Les contre-indications relatives sont :
- la présence d'autres pièces métalliques notamment ferromagnétiques. Elles ne constituent pas un danger pour le patient mais risquent de perturber l'examen jusqu'à le rendre ininterprétable par les artefacts qu'elles génèrent. Les implants en matériel non ferromagnétique (titane) provoquent également des petites distorsions du champ magnétique à leur contact immédiat mais ces dernières sont en général insuffisantes pour empêcher l'examen d'être informatif ;
- l'asservissement à un respirateur ou à une machine de réanimation à moins que tous les éléments constitutionnels en soient non ferromagnétiques ;
- une sévère claustrophobie. Ce handicap empêche la réalisation de 1 à 3 % des examens malgré une approche psychologique et une prémédication convenables. Un bon test prédictif est l'impossibilité pour le patient de monter dans un ascenseur ou de prendre le métro. »

Puis ensuite est expliqué l’Artefact métallique
« La présence de matériel métallique ferromagnétique provoque une distorsion locale du champ magnétique donc un artefact. Celui-ci est composé d'une plage en hyposignal (noire) (fig. 13 14) bordée plus ou moins complètement d'une zone en hypersignal (blanche) quasi constante et d'une distorsion plus ou moins importante de l'image. L'artefact est proportionnel à la force du champ magnétique et se manifeste surtout en T2 [17] notamment en T2 écho de gradient où il peut prendre des proportions énormes. Il faut donc proscrire ce type de séquences en cas de présence de matériel métallique. L'artefact est moins accentué en densité de protons et en T1. Cet artefact l'un des plus gênant en imagerie orthopédique est quasi constant dès qu'il y a eu un geste osseux. Il peut être lié à la présence :
de matériel métallique externe qui aurait dû être repéré avant l'examen (attache de soutien-gorge maquillage...) ;
de matériel orthopédique métallique implanté. Si le matériel est ferromagnétique et d'une certaine importance (prothèse de hanche) l'artefact généré est en général très volumineux et empêche l'exploration de la zone anatomique où il est implanté et de tout son voisinage. Les zones plus éloignées (l'autre hanche par exemple) demeurent le plus souvent interprétables. Si le matériel n'est pas ferromagnétique sa présence entraîne néanmoins des petites perturbation locales du champ (courants induits) qui se manifestent par un vide de signal à l'emplacement du matériel et de petites déformations à sa périphérie. Les régions voisines demeurent en règle générale interprétables (par exemple l'ilion en cas de prothèse de hanche en titane le foramen intervertébral entre deux vis pédiculaires en titane la coupe sagittale médiane en cas de vis pédiculaires bilatérales en titane...) (fig. 13) mais pas les zones immédiatement au contact du métal (par exemple l'interface os-métal dans une prothèse fémorale en titane). L'examen mérite donc d'être tenté avec de bonnes chances d'être contributif si le matériel n'est pas ferromagnétique ou si la zone à étudier est située à distance d'un volumineux matériel ferromagnétique ou si le corps métallique même ferromagnétique est de petite taille (par exemple IRM du genou en cas de vis de TTA) en prenant certaines précautions techniques ; de limaille métallique issue des instruments (fig. 14) (notamment des instruments rotatifs) dès qu'il y a eu geste osseux. Cette poussière métallique est indétectable par toute autre imagerie (y compris le scanner) et se manifeste par des plages d'artefacts groupés confluants le plus souvent situées dans les parties molles le long de la voie d'abord. Il peut aussi s'agir de minuscules artefacts en hyposignal notamment dans le canal rachidien qui peuvent être trompeurs notamment en cas de coupes axiales T2*
L'examen IRM ne présente pas de risque particulier en cas de présence de matériel métallique même volumineux comme des tiges de Harrington du matériel de Cotrel-Dubousset des prothèses massives... Le seul risque est que l'examen soit tellement artefacté qu'il en devienne illisible. »
http://srvsofcot.sofcot.com.fr/Apcort/conf/97_62/art12/art12.htm

En conclusion, il semblerait donc que le fait que vous soyez porteur d'une tige de Harrington n'empêche pas la réalisation d'une IRM.
Il faut cependant le signaler avant l'examen pour qu'il en soit tenu compte lors de la lecture des clichés et de leur interprétation.

Nous espérons avoir répondu à votre question et restons à votre disposition pour toute autre information.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé