Question:

Objet: LED - Lupus érythémateux disséminé
Intitulé: Bonjour, Je suis atteint d'un LED depuis plus de 40 ans et actuellement soigné au plaquénil. Merci de bien vouloir me faire part des dernières avancées thérapeutiques éventuelles (!) sur cette maladie. Merci d'avance pour votre réponse. Cordialement

Réponse:

Réponse:
Bonjour,

Vous êtes atteint d’un lupus érythémateux disséminé et vous souhaitez connaître les dernières avancées thérapeutiques.

Nous vous proposons tout d’abord d’écouter une Conférence du 19ème Congrès français de dermatologie : le lupus en 2006…en 10 « petites nouvelles » thérapeutiques par Jean Sibilia du CHU de Strasbourg
http://www.rhumatologie.asso.fr/Data/FlashConfs/2007/23/index.htm

Les articles scientifiques que nous avons trouvés tendent à démontrer que 2008 a été une année majeure dans l’avancée des traitements de cette pathologie. De nombreux articles scientifiques ont été publiés pour annoncer de nouvelles thérapeutiques.

La Revue de médecine interne a consacré le numéro 9 du volume 29 de 2008 au lupus. Nous vous proposons de lire le résumé de l’article sur les thérapeutiques : Lupus systémique : les traitements du futur / Z. Amoura, J. Haroche, J.-C. Piette ( pp. 718 – 724 )
Résumé (source INIST: Institut de l’information scientifique et technique du CNRS) :
 « Au cours de la dernière décennie, le développement de biothérapies est venu enrichir l'arsenal thérapeutique utilisé au cours des maladies auto-immunes systémiques, notamment du lupus systémique. Ces nouvelles approches, fondées sur une réflexion immunologique, sont liées à l'identification de cibles impliquées dans l'immunopathologie du lupus systémique et comprennent schématiquement: (1) «Les inhibiteurs du lymphocyte B (LB) »: du fait du rôle majeur des LB dans la pathogénie des maladies auto-immunes, leur inactivation par des inhibiteurs spécifiques a été envisagée. Cinq voies sont à l'étude: déplétion des LB par anticorps anti-CD20 et anti-CD22, inhibition du système B Lymphocyte Stimulator (BLyS), tolérogènes spécifiques du LB (LJP 394) et édratide; (2) « Les inhibiteurs de la costimulation»: les cellules présentatrices de l'antigène expriment différentes molécules de costimulation qui interagissent avec des molécules à la surface des lymphocytes T (LT). Ces costimuli sont nécessaires à l'activation des LT et constituent de ce fait des cibles privilégiées. Plusieurs thérapeutiques sont en cours d'étude: anti-CD40 ligand, CTLA-4-Ig (abatacept); (3) «Les immunomodulateurs cytokiniques » permettant d'inhiber des cytokines clés du lupus: interleukine-10, interféron-a, interleukine-6 et TNF. Ces nouveaux traitements sont en développement chez l'homme. »

La Presse médicale a également consacré un article aux nouvelles thérapeutiques :
Actualités et perspectives thérapeutiques du lupus systémique / Jean Sibilia, Jean-Louis Pasquali (2008, vol. 37, no 3, cahier 2 , pp. 444 – 459). En voici un résumé (source INIST: Institut de l’information scientifique et technique du CNRS) :
« • L'hydroxychloroquine et le cyclophosphamide restent des molécules de référence à condition d'optimiser leur utilisation. • La contraception et l'hormonothérapie substitutive post-ménopausique ont enfin donné lieu à des études randomisées plutôt rassurantes mais la prudence reste de mise dans les lupus sévères et surtout ceux compliqués de thrombose (syndrome des antiphospholipides). • L'intérêt de l'acide mycophénolique se confirme dans les néphropathies lupiques mais sa place dans la stratégie thérapeutique doit être précisée. D'autres molécules (sirolimus, abatacept) sont en cours d'évaluation. • Les thérapeutiques antilymphocytes B connaissent le succès. Le rituximab et d'autres molécules (anti-BAFF, TACl-Fc) sont en cours d'évaluation avec des résultats qui semblent très intéressants. • L'inhibition de l'interféron a (type I) est une piste thérapeutique séduisante dans le lupus mais son utilisation reste prématurée chez l'homme. • La vaccination peptidique avec des fragments d'autoanticorps ou d'autoantigènes est une stratégie intéressante avec des résultats préliminaires qui justifient des études complémentaires. • Les anti-TNFα sont peut-être bénéfiques dans le lupus. • L'inhibition du complément peut être utile dans le lupus et le syndrome des antiphospholipides mais il faudra disposer de molécules utilisables chez l'homme (anti-C5). • Il faut lutter contre l'athéromatose lupique qui est la principale cause de morbidité et de mortalité. L'arrêt du tabac est indispensable mais d'autres stratégies (statine) peuvent être discutées. • De nombreuses immunomanipulations futuristes peuvent s'envisager (inhibition du protéasome, modulation du FcγRIIB, modulation de la signalisation cellulaire (P13kγ). Les perspectives sont donc nombreuses, ce qui va permettre d'optimiser la prise en charge de nos patients. Néanmoins, il est indispensable de bien évaluer le rapport bénéfice/risque des nouvelles molécules ainsi que leur place optimale dans la stratégie thérapeutique du lupus systémique. »

Il est également intéressant de voir l’état de la recherche sur les maladies auto-immunes puisque votre pathologie en fait partie. C’est pourquoi nous vous proposons un article de La Revue de médecine interne : Intensification thérapeutique dans les maladies auto-immunes / M. Mahevas, I. Vaida, L. Le Page, S. Sid-Idris, B. Royer, R. Garedi, G. Damaj, P. Duhaut, J.-F. Claisse, J.-P. Ducroix , J.-P. Marolleau ( 2008 , vol. 29 , no 2 , pp. 115 - 121 ). En voici le résumé (source INIST: Institut de l’information scientifique et technique du CNRS) :
« Propos. - Depuis dix ans, plus de 1000 patients souffrant de maladies auto-immunes sévères ont bénéficié d'une autogreffe de cellules souches périphériques. Cette thérapeutique innovante a été utilisée chez des patients souffrant de sclérodermie, de sclérose en plaque, de polyarthrite rhumatoïde, d'arthrite chronique juvénile et de lupus érythémateux disséminé. Points forts.- L'autogreffe de cellules souches hématopoïétique est devenue une alternative thérapeutique dans le traitement de certaines maladies auto-immunes de mauvais pronostic. Cette revue, résume l'expérience des essais de phase I et II conduits en Europe et aux États-Unis, en décrit les résultats et les limites. Perspectives et projets. - L'autogreffe de cellules souches hématopoïétiques dans le traitement des maladies auto-immunes a évolué du stade de concept expérimental, à la démonstration de sa faisabilité chez des patients sélectionnés souffrant de formes sévères de maladies auto-immunes. »

Pour finir,  nous vous proposons cet article de la Revue médicale suisse : Les biothérapies dans le lupus érythémateux disséminé et les connectivités : nouvelles thérapeutiques / Alexander So (2008, vol. 4, no 149). Voici le résumé (source INIST: Institut de l’information scientifique et technique du CNRS) :
« Les lymphocytes B pourraient avoir un rôle clé dans les maladies autoimmunes comme le lupus érythémateux disséminé (LED) et le syndrome de Sjôgren (1°SS), car ils sont responsables de la production des anticorps (AC) (y compris les auto-AC) et de la présentation d'antigène. Les antigènes de surface sur les lymphocytes B et les récepteurs qui transmettent des signaux d'activation sont des cibles thérapeutiques potentielles. Dans le LED et le 1°SS, le rituximab (anti-CD20) a montré une certaine efficacité dans une série d'études ouvertes. Le bélimumab (antiBAFF) semble efficace dans le LED, surtout dans le groupe qui possède des taux élevés d'auto-AC. Par contre, les anti-TNF chez les patients avec LED ou polyarthrite rhumatoïde (PR) conduisent à une hausse des taux d'auto-AC. La place des biothérapies antilymphocyte B nécessite des études cliniques comparant leur efficacité aux traitements standards. »

Tous ces articles sont issus de revues scientifiques spécialisées dont le vocabulaire est peut-être d’accès un peu difficile, mais il faut savoir que l’état de la recherche est publié d’abord dans ce type de revues, puis ensuite seulement publié dans des revues plus grand public.
Nous vous conseillons de lire ces documents avec votre médecin traitant qui pourra vous en expliciter les contenus.

Pour votre région, toutes les revues que nous vous avons proposées sont disponibles à Nantes:
Bibliothèque universitaire - Section Médecine-pharmacie-odontologie
1, rue Gaston Veil
44000 Nantes
Tél. renseignements : 02.40.41.11.19
Horaires : lundi au vendredi : 8h30-19h (septembre à mai) 8h30-18h (juin à août), samedi : 8h30-13h (septembre à mai)
Conditions d’accès : Réservé Etudiants, enseignants, chercheurs, personnel hospitalier, praticiens, pharmaciens, paramédicaux

Si vous ne remplissez pas les conditions d’accès à la bibliothèque, il est peut-être possible de prendre rendez-vous en appelant le numéro des renseignements pour expliquer les raisons de votre demande de consultation des documents.

Nous espérons avoir répondu à votre demande et restons à votre disposition pour toute autre information.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.