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Le dessein intelligent ou le créationnisme nouvelle mode
Les créationnistes, quelle que soit la religion dont ils se réclament, veulent que le monde soit né il y a environ dix mille ans, tel que décrit dans les textes religieux. Un monde pourvu de tous ses attributs, un monde né en même temps que l'homme, un monde qui aurait un sens voulu par un Dieu, un Dieu qui aurait élu l'homme.
Ils s'opposent à l'explication scientifique du monde, qui à partir de faits, d'observations, de déductions, a restitué l'histoire d'un monde vieux de plusieurs milliards d'années, en perpétuelle évolution, où se succèdent ou coexistent les espèces, dont la nôtre.
L'histoire n'est pas neuve, de l'opposition de la science et de la religion. Mais depuis quelques années enfle, aux Etats-Unis, un nouveau mouvement créationniste, qui se dit "scientifique", promoteur d'une "théorie" baptisée Intelligent Design (ou dessein intelligent, ou encore théorie de la création ou conception intelligente) qui essaime ou rencontre dans d'autres pays un curieux écho. Quel est ce mouvement ? De quoi est-il né ? Quels sont ses arguments, son influence et ses conséquences concrètes ? Comment est-il reçu en France ? Et, plus loin... qu'est-ce que la science ? Une théorie scientifique ? La théorie de l'évolution ?
Avertissement : pour ce sujet polémique, nous avons eu recours à des sites internet, majoritairement francophones, qui se veulent le plus neutre possible, à des sites militants, et à des pages pertinentes faisant partie de sites qui le sont moins. Attention : citation ne veut pas dire caution !
4 notions pour comprendre
Le dessein intelligent ou néo-créationnisme
Un créationnisme, des créationnistes ?
La théorie de l'évolution
Une théorie scientifique
Questions/réponses
"La religion et la référence à Dieu sont très présentes aux Etats-Unis, aussi bien dans la culture que dans la vie politique. Depuis l'école où les petits américains prêtent serment au drapeau et à la nation "sous Dieu", jusqu'aux serments du Président sur la Bible.
Cet aspect de la société américaine remonte à l'origine même de la fondation des Etats-Unis, et même avant, lors de l'arrivée des premiers colons Protestants (XVIIème siècle). Convaincus d'être investis d'une mission divine, certains Puritains et colons imprégnés de religiosité fondèrent dans certaines colonies (notamment le Massachusetts) une société fondée sur la conviction qu'ils étaient investis d'une mission divine, celle de faire fructifier la terre qui leur avait été confiée, pour en faire une "nouvelle Sion".
A la fin du XVIIIème siècle, alors que se créaient les Etats-Unis d'Amérique, les fondateurs de la nouvelle nation en arrivèrent tout naturellement à penser qu'ils fondaient là le "temple de la liberté et phare d'espoir pour toute l'humanité". Les Etats-Unis étaient, selon eux, la résultante des meilleures idées de la civilisation européenne ; dans le cadre de leur "mission divine", ils se devaient donc de créer une forme de société fondée sur la liberté, qui soit source d'inspiration pour toute l'humanité."
Source : site Thucydide , créé par des étudiants en histoire, avec un texte de Yves Lacoste, géographe spécialiste de géopolitique.
Pour en savoir plus�?
Le site de l�?Ambassade des Etats-Unis en France.
Le site de l�?Afis (Association française pour l�?information scientifique), "Science et pseudo-sciences", donne un historique du créationnisme aux Etats-Unis.
Réflexiences, une toute jeune revue mensuelle, créée par des étudiants pour des étudiants et des lycéens, reprend l�?histoire du procès du singe. Le procès du singe, en 1925, est l�?acte fondateur du combat que se livrent créationnistes et tenants de la théorie de l�?évolution aux Etats-Unis. A partir des conclusions de ce procès, les créationnistes vont modifier leur stratégie pour faire entrer l�?enseignement de la création dans les écoles, s�?adapter aux refus essuyés devant les tribunaux, et créer au fil des ans des appareils théoriques alambiqués pour rendre l�?enseignement de la création légal.
Les néo-créationnistes sont clairement soutenus par les néo-conservateurs. Ainsi George W. Bush s�?est-il positionné en faveur d�?un enseignement conjoint de la théorie de l�?évolution et de son "alternative", le dessein intelligent (l'article d'un journal américain sur le blog d�?une expatriée française aux Etats-Unis, Inside the USA).
Comme ses prédécesseurs, le néo-créationnisme investit le domaine public par le biais de l�?éducation. Les partisans du dessein intelligent reconnaissent qu�?il y a une évolution des espèces, mais assurent que cette évolution ne peut être le fait du hasard et de la sélection naturelle. En ne baptisant pas "Dieu" l�?entité mystérieuse qui selon eux commande et donne un sens à l�?évolution, ils désolidarisent artificiellement leur "théorie" de la religion, et espèrent ainsi entrer dans les programmes éducatifs des écoles, dont l�?accès est interdit à toute référence à une religion particulière en vertu du premier amendement de la constitution américaine (texte sur la Digithèque de l'Université de Perpignan).
C�?est aux conseils des écoles constitués de membres élus que revient la responsabilité de décider des programmes. Depuis quelques années, des conseils d�?écoles où dominent une majorité de chrétiens conservateurs votent l�?obligation de mentionner le dessein intelligent dans les cours de biologie. Ils sont attaqués en justice par des parents d�?élèves et des professeurs qui refusent au dessein intelligent le statut de théorie scientifique. A la justice de statuer sur la "scientificité" du dessein intelligent�? Les procès se multiplient. Le plus emblématique, celui de Dover (l'article de l'encyclopédie contributive Wikipédia sur le procès de Dover), s�?est conclu le 20 décembre 2005 par l�?interdiction d�?enseigner le dessein intelligent dans les classes de sciences des écoles publiques.
Dans le monde des musées, les différentes options créationnistes font feu de tout bois, et les musées scientifiques réagissent. Dans le Kentucky s�?ouvre un musée créationniste proposant une lecture littérale de la Bible, le Creation Museum, piloté par l�?organisme Answers in Genesis. Dans l'Etat de New York, à Ithaca, le directeur du Museum of the Earth a rédigé un mémo et contruit une formation pour permettre au personnel du musée de donner des réponses claires et argumentées aux participants de visites organisées créationnistes parasites. La brochure envisage les questions suivantes : "L�?évolution est-elle "seulement une théorie"?", "La complexité de la nature n�?implique t�?elle pas un "intelligent designer" ?"�? (l'article du New York Times dans Inside the USA, la brochure Evolution and creationism : a guide for museum docents). Le Musée d�?histoire naturelle de New York a lancé en novembre 2005 une exposition sur Darwin appelée à contrer l'offensive créationniste. Prévue depuis trois ans, l�?exposition a débuté au moment des très médiatisés procès sur l�?introduction de l�?intelligent design dans les écoles et des prises de position de George Bush (l'article dans le journal québécois Le Devoir).
La grande majorité des scientifiques a longtemps choisi d�?ignorer les néo-créationnistes, les considérant comme des élucubrateurs peu dangereux, ou choisissant comme stratégie pour les combattre l�?ignorance, censée ne pas leur donner publicité.
Des chercheurs font aujourd�?hui le choix inverse, parfois à l�?encontre de leurs collègues, et entament un travail de pédagogie sur la théorie de l�?évolution, pour la rendre plus accessible au grand public sans la dénaturer par une trop grande simplification (articles de Science presse, agence de presse scientifique québécoise : Créationnisme : quand une pseudo-science entre à l'école , Pourquoi les créationnistes gagnent à tous les coups )
En France, un enseignant-chercheur au Muséum National d'Histoire Naturelle, Guillaume Lecointre, a construit un argumentaire à l�?usage des enseignants, pour leur permettre de répondre point par point au discours des néo-créationnistes et aider les élèves à exercer un regard critique : Site SagaScience du CNRS.
Il n'est pas interdit non plus d'en rire... un étudiant en physique américain a ainsi décidé de faire sienne la logique des néo-créationnistes. Oui, il y a une intelligence supérieure en ce monde, et il lui a donné un nom, le Flying Spaghetti Monster. Il demande aux conseils d'école prônant l'enseignement de l'intelligent design de bien vouloir donner une place à sa théorie (article du quotidien québecois Le Devoir et site internet de la Church of the Flying Spaghetti Monster ).
Enfin... si l'actualité se focalise sur le néo-créationnisme, il convient de ne pas oublier que différents créationnismes coexistent, et que sur ce terrain-là aussi il est question pour les scientifiques d'argumenter. Témoin, l'aventure d'un scientifique québécois, David Morse, invité par le Groupe Biblique Universitaire de l'Université de Montréal, à un "débat" avec une des figures les plus actives du créationnisme, Laurence Tisdall. Compte rendu sur le site de la revue de l'Université de Montréal, Forum.
Le dessein intelligent ne serait-il pas avant tout un moyen ? Ne serait-il pas un outil au service d�?une cause, d�?une stratégie moins directement avouable ? L'arbre devant la forêt ?
Si l�?on veut aller plus loin dans l�?étude du dessein intelligent et de ses créateurs, en savoir plus sur les méandres de leur stratégie, les ressorts et implications politiques et idéologiques, il faut se reporter aux travaux d�?analystes de la vie politique et sociale américaine, qui voient avant tout dans ce mouvement une machine de guerre ayant pour cible la "conception matérialiste de la réalité", héritière de "penseurs comme Charles Darwin, Karl Marx et Sigmund Freud". Il s�?agit de discréditer la théorie de l�?évolution, et avec elle le matérialisme et l�?athéisme qu�?on veut lui amalgamer. Et de saper toute une vision du monde, pour la remplacer par une approche théiste de la nature.
Cette analyse est confortée par l�?apparition inopinée sur la place publique d�?un document émanant du Discovery Institute ("organe" des tenants du dessein intelligent), document promis à l�?origine à la discrétion, et qui relate et décortique toute la stratégie des concepteurs du dessein intelligent. Le dessein intelligent y est décrit comme un "coin" (wedge) à enfoncer dans l�?arbre de la "science matérialiste dominante". Il s�?agit, à partir de ce coin, d�?abattre l�?arbre. En récusant la théorie de l�?évolution, on attaque le matérialisme scientifique, puis le matérialisme censé gangrener la société et la culture.
Ce document, le "Wedge document", a été traduit et reproduit dans son intégralité en France dans un hors-série du Nouvel Observateur ("La Bible contre Darwin", décembre 2005-janvier 2006). Il est disponible sur un site philosophique personnel au Québec (le Wedge document ).
Pour en savoir plus�?
L'analyse de Anne-Lorraine Bujon, directrice du bureau français de Humanity in action, dans "La vie des idées", lettre d�?information mensuelle sur la vie intellectuelle internationale.
Celle de Guillaume Lecointre, sur le site SagaScience du CNRS, dans le chapitre Un créationnisme mou mais offensif : le "dessein intelligent".
En France, un mouvement créationniste ne peut se constituer sur le même modèle qu�?aux Etats-Unis. La structure politique est différente, notamment dans le contrôle de l�?éducation, terrain prioritaire des créationnistes américains. Aux Etats-Unis, elle est le fait de conseils d�?école élus qui définissent les programmes, alors qu�?elle est centralisée en France, et dépend directement de l�?Etat.
Il y a pourtant en France une tradition de concordisme. Sa figure la plus emblématique est le père Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), jésuite et paléontologue.
Certains aujourd�?hui se reconnaissent comme ses héritiers et posent la question du sens dans l�?existence de l�?univers et à partir de là, d�?une "entité" supérieure impulsant une intention directrice dans la marche du monde. Anne Dambricourt-Malassé, paléoanthropologue au Muséum National d�?Histoire Naturelle et secrétaire générale de la Fondation Teilhard de Chardin, emploie ainsi les termes révélateurs de "dynamique interne" ou d�?"attracteur harmonique". Elle a l'an passé défrayé la chronique scientifique (lire à ce propos l�?article du Monde, "Un film soupçonné de néocréationnisme fait débat" et une rétrospective sur le site Hominidés ).
D'autres scientifiques prestigieux et médiatisés, comme Rémy Chauvin, Bernard d'Espagnat, Jean-Marie Pelt, Trinh Xuan Thuan... se retrouvent aux côtés de l�?UIP, Université Interdisciplinaire de Paris, fer de lance d�?un courant spiritualiste français. Cet organisme est discuté à la fois sur son titre, son objet, ses méthodes et son financement (l'UIP analysée sur le site de l'Afis (Association Française pour l�?Information Scientifique) : Science et pseudo-sciences n°244 et 268 ).
La polémique n'est visiblement pas près de s'éteindre : le Monde du 2 septembre 2006, sous le titre "le jeu de masques du néocréationnisme français" (article disponible sur le site de la revue "alternative" Multitudes), consacre deux pleines pages à ce courant et se focalise sur la très ambigüe UIP. L'occasion d'apprendre la désaffection, en première ligne, d'Anne Dambricourt-Malassé, auparavant très impliquée, qui se désengage de l'organisme et veut se détacher de la confusion faite entre science et religion. L'occasion aussi de lire le propos du président du "conseil scientifique" de l'UIP, pour qui "il n'existe pas de vraie théorie scientifique sans présupposé métaphysique". Il entend se démarquer de l'intelligent design américain, mais défend dans le même mouvement un "intelligent control" exercé par un Dieu laissant une "place au hasard"...
Le dessein intelligent, ce créationnisme d�?un type nouveau, ne se trouve à l�?état naturel qu�?aux Etats-Unis et au Canada, où différentes familles de créationnismes coexistent.
En Australie, un scientifique, Ian Plimer, professeur de géologie à l�?université de Melbourne, s�?est battu pendant des années contre l�?intrusion dans le système scolaire d�?un lobby créationniste extrêmement puissant (une rétrospective sur le site du CNRS, Sagascience).
En Turquie s�?affirme un courant créationniste musulman, porté par un très actif prédicateur, Harun Yahya (l'un des sites de Harun Yahya est consacré au "mensonge de l'évolution"), qui se base sur la doctrine de l�?inimitabilité scientifique du Coran. Il est amplement dénoncé sur internet sur des sites personnels musulmans refusant à la fois la doctrine et l�?action de prédication.
Plus près de nous, les Pays-Bas ont vu un ministre de l�?éducation appeler à un débat sur la possibilité d�?enseigner conjointement la théorie de l�?évolution et les "théories" de la création et de l�?intelligent design, suggestion vite vilipendée par l�?ensemble de la classe politique (article dans le quotidien La Libre Belgique et sur le site de Rationalist international, "forum pour les idées et positions rationalistes" ).
La Suède héberge depuis 1996 un musée créationniste, reprenant la Genèse à la lettre.
Enfin, en Suisse, un créationnisme se basant sur une lecture littérale de la bible prend différentes formes : la création d�?un "Genesis-Land" dans le nord-est (article Revenons au mot à mot de le Genèse du site catholique Infocatho) et un séminaire sur les origines inspiré des préceptes de l�?organisme américain Answer in Genesis (AiG) en Suisse romande (article de 24h.ch, repris sur Voxdei, portail chrétien, Les créationnistes font-ils leur retour en Suisse et dans l'enseignement ?). Deux "actions" dénoncées par les autorités religieuses et qui n�?ont pas d�?impact au niveau de l�?enseignement scolaire, mais qui donnent une mesure de l�?influence des lobbies évangélistes américains.
« La croyance en la vérité de l�?Ecriture était communément admise, en particulier par l�?Eglise Catholique. [...] Il fallut attendre octobre 1996 pour que le pape Jean-Paul II reconnaisse devant l�?Académie Pontificale des Sciences que la théorie de Darwin était plus qu�?une "hypothèse". Le courant créationniste le mieux organisé ne venait pourtant pas des catholiques mais des fondamentalistes protestants, notamment ceux issus de la Bible Belt (ceinture biblique) du Sud des Etats-Unis. [�?] Il existe des dizaines de doctrines créationnistes un peu partout sur la terre, chaque culture possédant ses mythes et ses légendes des origines. Le judaïsme connaît des adeptes du concordisme tout comme l�?Islam. Celui-ci voit en effet des tentations de "récupération de la science" au travers du Coran comme le rappelle Bruno Guiderdoni, chercheur à l�?Institut d�?astro-physique de Paris et directeur de l�?Institut des Hautes Etudes Islamiques. Un ouvrage, déjà ancien, d�?un médecin converti à l�?Islam, Maurice Bucaille : "La Bible, le Coran et la Science" s�?appliquait, dès 1976, à relever une concordance entre la science moderne et le Coran. Ce livre a bénéficié "d�?une grande faveur chez les étudiants musulmans", écrit Jean-Louis Schlegel et est même devenu la référence du concordisme islamique.[�?]En France, il existe des groupes créationnistes protestants ou catholiques. Ils semblent divisés entre un créationnisme strict �?lecture littérale de la Bible- et un "évolutionnisme théiste" qui défend l�?idée que l�?évolution est dirigée par l�?action de Dieu."
L�?intégralité de ce texte est sur le site de l'Unadfi, Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l'Individu
La position de l'Eglise catholique par rapport à la théorie de l'évolution a changé très récemment. Dès sa première messe, en avril 2005, le pape Benoît XVI affirmait que les hommes n'étaient pas "le produit accidentel et dépourvu de sens de l'évolution". Un proche du nouveau pape, le cardinal Schönborn, archevêque de Vienne, rejettait en juillet de la même année les thèses de Darwin dans le New York Times (titre de l'article : "Finding Design in Nature"). Son contradicteur, le père Coyne, a été remplacé en août 2006 à la direction de l'Observatoire du Vatican. Début septembre se tenait le séminaire annuel des anciens élèves du cardinal Ratzinger, aujourd'hui Benoît XVI. Le thème de ce séminaire ? "Création et évolution". La publication d'un compte rendu est attendue pour novembre 2006.
On peut lire sur ce sujet un article du quotidien La Libre Belgique, "L'évolution est aussi dessein de Dieu", un texte beaucoup plus nourri publié par l'Agence de presse internationale catholique Apic (disponible sur le site catholique Eucharistie miséricordieuse), "Le congrès à huis clos organisé autour de Benoît XVI", et enfin une analyse critique sur le site Pseudo-sciences, "Grandes man�?uvres au Vatican".
Ou comment s�?entendre sur un sujet aussi polémique ?
Aux Etats-Unis, des scientifiques comme le biologiste Richard Dawkins refusent toute forme de débat qui octroierait une place à la foi et à la religion et marquent leur position par un athéisme revendiqué. Ils se reconnaissent dans le mouvement des Brights, qui milite pour un regard strictement naturaliste sur le monde.
En France, la branche francophone des Brights, l�?association Assomat, l' Afis (Association française pour l'information scientifique), entre autres, militent pour que science et religion ne soient pas mêlés.
Ils s�?opposent à l�? Université Interdisciplinaire de Paris, qui veut faire concorder foi et science dans l�?explication du monde. Les scientifiques affiliés à l'UIP ont fait paraître un texte dans Le Monde du 23 février 2006, "pour une science sans a priori" (ce jour uniquement disponible sur le site chrétien Témoins), où ils revendiquent une réflexion métaphysique et spirituelle et accusent leurs collègues d�?un "rationalisme borné caractéristique du scientisme". La réponse est venue dans le même quotidien le 4 avril, sous le titre "pour une science consciente de ses limites" (article reproduit sur le site de l'Union rationaliste). Le débat est lancé sur la place publique.
Les scientifiques doivent compter avec les philosophes des sciences. Aux Etats-Unis, le philosophe de la biologie Michael Ruse, a décidé de dialoguer avec les néo-créationnistes pour mieux les contrer, ne refuse pas l�?existence de la foi, et explique qu�?un certain "dévoiement" (le darwinisme social, la sociobiologie) de la théorie de l�?évolution et le dogmatisme de certains scientifiques peuvent contribuer au rejet de la théorie (un article de Michael Ruse sur le site de Project Syndicate, association internationale de presse, Faire la paix entre darwinisme et christianisme, et un texte sur le site Vivantinfo, consacré aux enjeux des sciences du vivant A quoi servent les philosophes... de la biologie ? ).
En France, le philosophe Dominique Lecourt dénonce un "scientisme évolutionniste" (La Recherche n°396, avril 2006), et alerte sur les dangers de confusion des valeurs de la science, de la politique et de la religion. Il donne à la seule religion le soin de s'occuper du sens de la vie humaine et du salut des âmes, et à la science celui de produire des connaissances humaines.
Foi et explication scientique du monde sont-elles compatibles ? Comment concilier ce qui semble inconciliable ? Témoignages et réflexions de scientifiques, croyants ou non croyants.
« Les deux langages ont en effet des vocabulaires et des grammaires différents. Leur style est aux antipodes. Quand l�?un s�?efforce à limiter au maximum les glissements de sens, le second se complaît dans les jeux de miroir du langage poétique. Dans les sciences, on feint d�?affirmer des lois universelles, dont on n�?est pas dupe d�?ailleurs puisqu�?on est prêt à en changer dès que possible. C�?est le langage de la conjecture. Dans le langage révélé tout est dit, comme dans un �?oui�? d�?amoureux qui a besoin de toute une vie pour qu�?on essaye d�?en faire le tour. C�?est le langage de l�?alliance. [�?] Les deux discours se doivent le respect. Le concordisme (on appelle concordisme toute tentative de faire concorder à tout prix le discours de la Bible avec celui de la science) est une sorte de myopie issue d�?une peur. La peur vient souvent de l�?ignorance, dont la pire espèce est de croire savoir ce qu�?on ne sait pas. L�?enjeu est grave pour le croyant autant que pour son entourage. Saint Augustin par exemple écrivait : « Un chrétien parle sur des sujets de science ; il croit en parler selon nos Saintes Écritures ; et l�?incroyant peut l�?entendre divaguer à un point tel qu�?en présence d�?erreurs aussi énormes, cet incroyant ne peut s�?empêcher de rire ; et le vrai mal n�?est pas que quelqu�?un soit moqué pour ses erreurs, mais que nos auteurs [sacrés]�? soient blâmés et méprisés pour leur prétendue ignorance. » Le fondamentalisme nord-américain opposant sur le plan descriptif le créationnisme, lecture au ras de la lettre de la Bible, aux approches du type Big Bang ou aux théories de l�?évolution, est plus qu�?une erreur intellectuelle c�?est une faute. Une forme plus subtile d�?erreurs analogues consiste à plaquer tel ou tel passage de l�?histoire naturelle du cosmos sur tel ou tel passage de la Bible. La critique libre penseuse de l�?époque moderne se gaussait de la création de la lumière préalable de trois jours à celle des luminaires. L�?astrophysique contemporaine leur a joué le tour d�?expliquer que l�?énergie primordiale était d�?abord majoritairement sous forme non-massique de rayonnement avant que le rapport ne s�?inverse. Donc pour la physique, la lumière a bien précédé les étoiles. Faut-il alors construire une apologétique là-dessus ? Il faut résister à cette tentation, dans la mesure où pour une concordance mise en avant on se bouche les yeux sur des discordances majeures, comme par exemple dans le même récit l�?apparition du règne végétal un jour avant celle des étoiles. La foi pas plus que la compréhension physique de l�?univers n�?ont rien à gagner à de tels rapprochements fortuits. Mutatis mutandis, la nécessité de ce respect vaut également pour la critique rationaliste. Récemment un numéro d�?une excellente revue de vulgarisation scientifique française incluait un article parlant des miracles pour affirmer, à juste titre, qu�?ils se définissaient en dehors des lois naturelles qui sont du domaine des sciences. Dans le même temps, il assignait aux sciences le rôle de prouver que les miracles n�?étaient qu�?un leurre. C�?est évidemment incohérent. »
Extrait du texte d'un chercheur catholique, Philippe Quentin (Professeur de physique théorique, Université Bordeaux I), paru dans la revue catholique "Il est vivant !", intéressant à lire dans son intégralité.
Les points de vue du généticien Axel Kahn, scientifique agnostique (sur le site du CNRS), de l�?astrophysicien Arnold Benz, scientifique protestant ( sur le site de l�?hebdomadaire protestant Réforme), d�?une chercheuse en bio-informatique catholique, Marie-Dominique Devignes, se refusant à distinguer science et foi (dans la revue catholique "Il est vivant !"), du chercheur et dominicain Jacques Arnould (dans la revue Croire), et enfin, les avis contradictoires de trois scientifiques protestants, Michel Jas, Marie-Noële et Jean-Luc Duchêne (dans la revue Evangile et liberté). Des scientifiques musulmans s'interrogent sur les rapports de la science et de la religion. Des universitaires ont ainsi fondé un groupe de recherche "Science et Religion en Islam" pour "se mettre en réseau afin d�?explorer les interfaces entre science et religion à partir de différents horizons disciplinaires". Ils font le point sur l'Islam, les problèmes actuels en science et religion.
Un sociologue posait récemment la question : "avons-nous jamais été darwiniens ?"* Il constatait que, même si nous nous reconnaissons dans la théorie de l'évolution de Darwin, nous embrassons dans les faits la théorie de Lamarck, le transformisme. Jean-Baptiste de Monet, chevalier de Lamarck, a énoncé la première théorie de l'évolution, en 1809. Il considérait "avec Darwin, que les espèces n'étaient pas immuables, comme l'affirmait la zoogonie biblique, mais sa théorie admettait que les êtres évoluaient selon les lois d'une mystérieuse "force vitale", contenue dans toute vie, qui orientait l'évolution biologique. L'exemple emblématique de cette théorie étant l'idée que les girafes ont un long cou parce que la "force vitale" le leur a allongé en raison du fait que leur nourriture se trouve sur la cime des arbres. Cette adaptation acquise devenait ensuite innée. Le milieu naturel aurait ici une influence, qui ne s'explique pas autrement que par l'intervention d'une hypothèse métaphysique : la "force vitale", sur la structuration biologique des êtres. Darwin concevait, au contraire, l'évolution des espèces comme la conséquence d'un processus naturel de sélection qui permet la survie des individus les mieux adaptés. En d'autres termes, les individus ne s'adaptent pas biologiquement à leur environnement, s'ils survivent, c'est qu'ils sont, par le hasard des combinaisons génétiques, mieux adaptés que les autres. Par exemple, dans cette théorie, les girafes n'ont pas vu subitement leur cou grandir, mais le hasard a fait que certaines avaient le cou plus long que d'autres. Celles-ci avaient plus de facilité pour se nourrir et donc se reproduire. Peu à peu, ou soudainement selon les cas, l'espèce la plus adaptée a vu son génotype se répandre, tandis que l'autre l'a vu s'éteindre."
La majorité d'entre nous, tout en se disant darwinien, aura tendance à croire que la girafe s'est adaptée biologiquement à son environnement... Nous sommes dès lors lamarckiens, donc finalistes, c'est-à-dire que nous croyons que "les mutations génétiques ne se produisent pas aléatoirement, mais tendent vers certaines fins, adaptatives en l'occurrence." En fait, nous dit le sociologue, le finalisme est plus attractif pour l'esprit, le darwinisme est contre intuitif...
A nous de nous remettre à la page, et de réactualiser nos connaissances.
Voici quelques sites qui font le point sur la, ou plutôt les théories de l'évolution, la théorie de Darwin ayant elle-même évolué au sein d'un même paradigme, en s'enrichissant, s'affinant, créant sans jamais se renier.
L'un est un très bon dossier élaboré dans le cadre d'un TPE (Travaux Personnels Encadrés) par des élèves en terminale S1, très clair et accessible : La théorie de l'évolution. Le deuxième vient du CNRS, avec les très riches pages du site SagaScience, et le chapitre consacré par Hervé Le Guyader, chercheur (Laboratoire de biologie du développement de l�?Université Pierre et Marie Curie), à l'évolution : L'évolution biologique dans les théories et les faits. Un troisième site, Hyperdarwin, rédigé par des journalistes scientifiques collaborateurs de la revue "Dossier BioSciences", propose une très intéressante rubrique FAQ (questions fréquemment posées). Le biologiste Laurent Penet offre sur son site personnel un tableau synthétique de l'histoire des idées sur l'évolution.
* Gérald Bronner, dans un "Nouvel observateur" hors série, "La Bible contre Darwin", décembre 2005/janvier 2006.
Glossaire
Doctrine selon laquelle tout ce qui est au-delà du donné expérimental (tout ce qui est métaphysique) est inconnaissable. [Le nouveau Petit Robert, 2001].
En philosophie, terme créé par T. H. Huxley, en 1896, pour désigner la suspension de la croyance en l�?absence de données sensibles. D�?où le sens général du terme : doctrine selon laquelle l�?essence caché du réel est inconnaissable [Dictionnaire de philosophie / dir. Jacqueline Russ. - Armand Colin, 2000].
Discipline ayant pour but de défendre la religion contre les attaques dont elle est l�?objet (apologétique destructive) ; partie de la théologie ayant pour objet d�?établir, par des arguments historiques et rationnels, le fait de la révélation chrétienne dont l�?Eglise est l�?organe (apologétique constructive) [Le nouveau Petit Robert, 2001].
Attitude ou doctrine de celui qui ne croit pas en Dieu, nie l�?existence de toute divinité [Le nouveau Petit Robert, 2001].
[Plusieurs sens] Ce qui produit un effet ; principe d'où une chose tire son être ; le fait d'un être (agent, auteur, créateur), qui modifie un autre être (le détruit ou plus souvent le crée). La cause suprême, souveraine, universelle : Dieu. Cause première, au delà de laquelle on ne peut en concevoir d'autre. Causes secondes, dérivant, procédant de la première. Cause finale : but pour lequel chaque chose aurait été faite [Le grand Robert de la langue française, 2001].
Système d�?exégèse (interprétation à partir de l�?étude critique des textes, de l�?histoire ou des doctrines d�?un texte dont le sens, la portée sont obscurs ou sujets à discussion) biblique visant à mettre en concordance les données de la Bible avec les données scientifiques [Le grand Robert de la langue française, 2001]
Dans la cosmogonie judéo-chrétienne, « le démiurge (Dieu chez les Chrétiens ou Yahvé chez les Juifs) est intemporel, n�?ayant ni début ni fin. Lorsque qu�?il créa le monde, l�?univers était « vide et vague, les ténèbres couvraient l'abîme, un vent de Dieu tournoyait sur les eaux ». Le premier jour, il créa la lumière par la parole (« Que la lumière soit et la lumière fut »), basculant le monde vers une alternance entre jour et nuit. Le deuxième jour, il sépara ciel et mer, créant ainsi la plate-forme de base du monde. Le 3e jour, il créa la terre, la fertilisa et y parsema la végétation, donnant naissance à la vie. Le 4e jour, il créa le soleil et la lune pour indiquer l�?alternance entre les deux états du monde (« Dieu fit les deux luminaires majeurs : le grand luminaire comme puissance du jour et le petit luminaire comme puissance de la nuit, et les étoiles. »). Le 5e jour, il peupla le ciel par les oiseaux et les mers par les poissons. Le 6e jour, il décida de créer les êtres qui peupleront la terre ferme, donnant naissance au règne animal ainsi qu�?à l�?homme, être à son image et destiné à dominer la terre (« et qu'ils dominent sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre »). Enfin, le 7e jour, il se reposa bénissant et sanctifiant ces jours où il eut fini de créer le monde. [�?] Dans l'Islam, le Coran reprend le concept de création du Monde par Dieu : la Sourate II, verset 164 affirme : « Certes la création des cieux et de la terre, dans l'alternance de la nuit et du jour, dans le navire qui vogue en mer chargé de choses profitables aux gens, dans l'eau qu'Allah fait descendre du ciel, par laquelle Il rend la vie à la terre une fois morte et y répand des bêtes de toute espèce, dans la variation des vents, et dans les nuages soumis entre le ciel et la terre, en tout cela il y a des signes, pour un peuple qui raisonne. » [�?] Sourate 23, versets 12-13 : « Nous avons certes créé l'homme d'un extrait d'argile, puis Nous en fîmes une goutte de sperme dans un reposoir solide. Ensuite, Nous avons fait du sperme une adhérence ; et de l'adhérence Nous avons créé un embryon ; puis, de cet embryon Nous avons créé des os et Nous avons revêtu les os de chair. Ensuite, Nous l'avons transformé en une tout autre création. Gloire à Dieu le Meilleur des créateurs ! ».
[ Source : Wikipédia, article « Mythes et création du monde » ]
L'exposition de la Bibliothèque nationale de France Livres de Parole. Torah, Bible, Coran (9 novembre 2005 au 30 avril 2006) est aussi visible sur internet : Livres de Parole. Torah, Bible, Coran
Caractère des croyances (religieuses, philosophiques) qui s�?appuient sur des dogmes (points de doctrine établis ou regardés comme une vérité fondamentale, incontestable) [Le nouveau Petit Robert, 2001].
Attitude d�?esprit par laquelle on s�?attache à un dogme (à un point de doctrine établi par autorité) sans nul esprit critique ; attitude de celui qui affirme sans preuve et de manière catégorique [Dictionnaire de philosophie / dir. Jacqueline Russ. �? Bordas, 1996].
Doctrine admettant de la finalité au sein de l�?univers et privilégiant l�?action des causes finales, en particulier dans la sphère des être vivants [Dictionnaire de philosophie / dir. Jacqueline Russ. �? Bordas, 1996].
Doctrine qui affirme l�?existence d�?une cause finale de l�?univers ou qui utilise les causes finales comme principes explicatifs [Dictionnaire de philosophie / dir. Jacqueline Russ. - Armand Colin, 2000].
Doctrine d�?après laquelle il n�?existe d�?autre substance que la matière. Contraires : idéalisme, immatérialisme, spiritualisme [Le nouveau Petit Robert, 2001].
Aux XIXe et XXe siècles, on parle de matérialisme scientifique ou épistémologique pour désigner les théories ou pratiques scientifiques qui, soit affirment que toute explication proprement scientifique est d�?ordre physico-chimique (la pensée étant en quelque sorte une sécrétion du cerveau), soit s�?en tiennent à l�?hypothèse que les phénomènes vitaux doivent être étudiés comme des processus physico-chimiques [Dictionnaire de philosophie / dir. Jacqueline Russ .- Armand Colin, 2000].
Conception philosophique pour laquelle rien n�?est ou rien ne vaut en dehors de la nature. Le naturalisme caractérise les philosophies qui refusent toute transcendance divine susceptible de rendre compte de l�?ordre du monde ou des fins et des actions humaines [Dictionnaire de philosophie / dir. Jacqueline Russ. - Armand Colin, 2000].
En philosophie, doctrine selon laquelle il n�?existe rien en dehors de la nature (avec négation de l�?existence du surnaturel) [Dictionnaire de philosophie / dir. Jacqueline Russ. �? Bordas, 1996]
Finalisme de ceux qui croient à la providence, c�?est-à-dire au sage gouvernement de Dieu sur la création [Le grand Robert de la langue française, 2001].
[Plusieurs acceptions] Doctrine subordonnant les sens à l�?esprit et posant les fins spirituelles et morales comme supérieures et irréductibles, en partant du principe que l�?âme est une réalité en soi et que Dieu est l�?auteur du monde [Dictionnaire de philosophie / dir. Jacqueline Russ. - Armand Colin, 2000].
Doctrine qui affirme l'existence personnelle et unique d'un Dieu, cause du monde, et qui est indépendante de toute religion établie [Le petit Larousse illustré, 2004].
Doctrine philosophique (indépendante de toute religion positive) qui admet l'existence d'un Dieu unique, personnel, dictinct du monde mais exerçant une action sur lui (voir aussi Déisme). Théisme peut s'opposer à panthéisme (Dieu non personnel), à polythéisme (pluralité de dieux) et être distingué de déisme (attitude philosophique de ceux qui admettent l'existence d'une divinité, sans accepter de religion révélée ni de dogme). Mais les emplois non techniques en font un quasi-synonyme de déisme. Contraire : athéisme[Le grand Robert de la langue française, 2001].
ou théologie rationnelle : partie de la métaphysique traitant de l�?existence et de l�?essence de Dieu à partir de la raison ou lumière naturelle et en s�?appuyant sur elle [Dictionnaire de philosophie / dir. Jacqueline Russ. �? Bordas, 1996].
Partie de la philosophie qui traite de l�?existence de Dieu, de ses attributs, en se fondant (en affirmant se fonder) sur la raison et l�?expérience ; Théologie physique : qui a pour objet de démontrer l�?existence de Dieu par l�?ordre et l�?harmonie de l�?univers (preuve physicothéologique) ; Théologie morale : qui a pour objet de démontrer l�?existence de Dieu en se fondant sur les fins morales de l�?homme [Le grand Robert de la langue française, 2001].
Connaissance de Dieu qui ne s�?appuie que sur l�?expérience et/ou la raison (dans ce dernier cas, on dit plutôt théologie rationnelle), c�?est-à-dire sur les lumières naturelles, par opposition à la révélation. On désigne souvent par là les réflexions théologiques des philosophes du XVIIIème siècle. [Encyclopédie philosophique universelle, t. II, Les notions philosophiques / dir. Sylvain Auroux. �? Presses universelles de France, 1990].
Construction intellectuelle méthodique et organisée, de caractère hypothétique (au moins en certaines de ses parties) et synthétique. « Les faits sont des matériaux nécessaires ; mais c�?est leur mise en �?uvre par le raisonnement expérimental, c�?est-à-dire la théorie, qui constitue et édifie véritablement la science (�?) La théorie n�?est que l�?idée scientifique contrôlée par l�?expérience », Claude Bernard, Introduction à l�?étude de la médecine expérimentale [Le grand Robert de la langue française, 2001].
Radio/Conférences
Créationnisme : quand défier l'évolution des espèces revient à la mode
Le dessein intelligent sur Radio Canada
L'histoire de la notion d'évolution
50 enrichissantes minutes avec le biologiste Hervé Le Guyader, lors d'une des désormais classiques conférences de l'Université de tous les savoirs.
La théorie de l'évolution
Les problématiques actuelles des sciences du vivant
Ni dieu ni maîtres dans l'évolution
Le rapport Lengagne rejeté par l'Union européenne
Dans www.cite-sciences.fr
La science, au coeur de la question des origines
La polémique autour de l'enseignement du créationnisme
Crédits
© Bibliothèque des Sciences et de l'Industrie/CSI. Paris
Dernière mise à jour: 30/10/08
Réalisation dossier documentaire: Anne-Françoise Pothain, Sylviane Pellenq
Coordination: Véronique Marsollier-Trisno
Adaptation graphique: Laurent Buffy
Administrateur: Elhadi Djebbari
Crédits photos: Coll. MHS/CSI
Sélection de sites
Enseigner l'évolution en France
Un dossier d'actualité, octobre 2008, de l'INRP (Institut national de recherche pédagogique) sur l'enseignement de l'évolution en France. Par Marie Musset
Dans la collection SagaSciences du CNRS
La Grande galerie de l'évolution
L'Union rationaliste
Sciences et pseudo-sciences
Le site de l'Association française pour l'information scientifique (Afis), qui a pour but de promouvoir l'esprit et les méthodes de la science et de mettre en garde contre les pseudo-sciences, ou fausses sciences.




