Pour une pêche durable et responsable
Comment limiter la surpêche tout en préservant l’activité de la pêche ? L'aquaculture peut-elle constituer une alternative à la pêche en mer ? Comment le consommateur peut-il être informé et développer une conduite « responsable » ?
Depuis quelques années, la pêche connaît une crise sans précédent. Surexploitation des océans, développement de la pêche industrielle, dégradation de l’environnement… les ressources s’amenuisent. Selon le FAO, organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, près de trois quart des espèces sont entièrement exploitées ou épuisées, un déclin touchant particulièrement les gros poissons prédateurs, tels que le thon, l’espadon, le requin et la morue.
La consommation en poissons et fruits de mer ne cesse d’augmenter. Et la pêche est indispensable à la vie et à la sécurité alimentaire de 200 millions de personnes, en particulier dans les pays en développement, le poisson étant la première source de protéines pour une personne sur cinq dans le monde.
L’épuisement progressif des ressources marines impose des mesures de gestion durable. Au niveau international, la FAO a établi depuis 1995 un « code de conduite pour une pêche responsable ». Et La politique commune de la pêche s’organise en Europe et fixe de quotas pour limiter la capture d’espèces en danger.
4 notions pour comprendre
Une situation préoccupante
On parle de surpêche quand l'espèce est pêchée plus vite qu'elle ne se reproduit. Selon le dernier rapport de la FAO sur la situation de la pêche dans le monde, l'état de certaines espèces de poissons de haute mer suscite de vives préoccupations : plus de 70 % des stocks sont pleinement exploités, surexploités ou appauvris.
Des techniques de pêche toujours plus perfectionnées
La pêche industrielle à grande échelle exerce une pression importante sur les espèces marines et les écosystèmes qui ne sont plus en mesure de se régénérer. Au cours de 50 dernières années, les captures de poissons ont été multipliées par 4. Les innovations techniques n’ont de cesse de progresser pour un rendement toujours plus fort. Les lignes jetées sont munies de milliers d’hameçons et dépassent les 100 km de long. Quant aux bateaux, ils sont de plus en plus grands : certains chalutiers atteignent 170 m et enfin, les filets dérivant peuvent mesurer plus de 60 km de long. Autrefois limités géographiquement pour des soucis de conservation, les bateaux usines sont désormais équipés de systèmes ultra perfectionnés qui permettent la préparation et le stockage des poissons près à être commercialisés. Ils peuvent ainsi pêcher dans n’importe quelle zone marine … Selon Greenpeace, la flotte industrielle, armée de 35.000 navires, représente 1% à peine de la flotte mondiale, mais plus de 50% de la capacité de pêche mondiale.
Europe : vers une gestion durable de la pêche ?
L’Union européenne a mis en place une politique commune de la pêche pour développer cette filière tout en préservant la ressource et la biodiversité marine : trouver le bon équilibre entre la nécessité d’assurer la compétitivité du secteur pêche et celle de préserver durablement les stocks halieutiques et l’écosystème marin. Pour conserver la ressource et permettre aux stocks de se reconstituer, des quotas fixent chaque année la quantité de poisson maximale à prélever. Le secteur de la pêche de l'Union européenne est le troisième plus important au monde. Il fournit chaque année quelque 6,9 millions de tonnes de poisson et emploie plus de 400 000 personnes.
Poisson d'élevage : une solution ?
L'aquaculture s'impose de plus en plus comme une réponse possible au déclin des stocks de poissons dans le monde. La question se pose toutefois du type d’aquaculture à privilégier car une bonne partie de la production est basée sur des poissons et crustacés carnivores, dont l’alimentation nécessite une part importante de farine de poisson issue de la pêche.
Questions/Réponses
Films/vidéos
Imprévisibles effondrements des stocks de poissons exploités
Universcience-vod
Peut-on encore manger du poisson ?
Série "Le débat et vice -versa", 2010 ( prod. Universcience)
Avec Aliette Geisdorfer, ethnologue, directrice de la formation CNRS/MNHN Techniques et culture-anthropologie maritimes et Alain Biseau, responsable des expertises halieutiques à l'Ifremer.
Dans www.cite-sciences.fr
Les océans surexploités
La pêche au gros déséquilibre les stocks de poissons
Pêche en eau profonde : un trésor dilapidé ?
Dans la presse
Ecolo : chroniques pour une économie sociale et durable
Un point de vue engagé de l'auteur du blog sur les nouvelles dispositions sur la pêche du thon rouge.
Crédits
© Bibliothèque des Sciences et de l’Industrie/CSI.Paris.
Mise à jour : août 2011




