Nos origines sont africaines, mais où en Afrique ? Depuis la découverte de Lucy en 1974 jusqu'à celle d'Orrorin en 2000, le « fossile du millénaire », les fossiles indiquaient l'Afrique à l'est des vallées du Rift. C'est alors qu'arrive Toumaï provenant du désert du Djourab au Tchad et âgé de 7 millions d'années. Du coup, on ne sait plus si la séparation entre notre lignée et celle qui donnera les chimpanzés s'est faite à l'ouest ou à l'est du Rift. En tout cas, on se trouve près du dernier ancêtre commun aux hommes et aux chimpanzés d'aujourd'hui, bien que l'on continue à ignorer ces derniers. Or voilà qu'ils se rappellent aux bons souvenirs des Hommes avec la publication du séquençage de l'ADN d'un chimpanzé en septembre 2005. D'un côté des fossiles qui enfoncent les origines de notre lignée dans le temps, de l'autre de l'ADN qui les rapprochent dans le temps. Le défi des origines se situe là, à la rencontre des ces deux lignées s�?urs grâce à des fossiles et des séquences d'ADN.
On rencontre de nouvelles difficultés, notamment pour définir ce qui est propre à la lignée humaine et ce qu'est le genre humain à la lumière des comportements des grands singes actuels. Autre problème, on ne connaît rien, hélas, de l'histoire évolutive de nos frères d'évolution les chimpanzés et les bonobos. Quant à la nôtre, celle des hominidés, elle ne cesse de s'enrichir de nouvelles espèces, transformant notre arbre évolutif en un buisson de plus en plus touffu. Tant que l'on n'avait pas tous ces fossiles et tant que l'on ignorait les grands singes, tout semblait si simple. Alors plus que jamais se pose la question de qu'est ce qu'un hominidé? Mais quelle que soient les découvertes à venir du côté des fossiles, de la génétique ou des grands singes, c'est avant tout d'un autre regard épistémologique dont on a besoin pour cerner la question des origines avec, en filigrane, la question de la fabrique de l'Humain.




