Mexico est devenue le symbole de ces villes géantes qui, partout dans le
monde, accumulent tous les problèmes d'une urbanisation incontrôlée :
déficience des services publics, accroissement des clivages sociaux et des disparités spatiales, congestion, pollution, dégradation du milieu
naturel...
Cette situation s'explique en grande partie par la croissance démographique et l'expansion de l'agglomération. En 1970, l'espace bâti
était de 650 km2. Aujourd'hui, il dépasse les 1 500 km2. Pour autant, il
ne faut pas se laisser prendre au vertige des chiffres ni au piège des
mots. Trop souvent présentée comme un monstre dévoreur d'espace et
d'énergie, Mexico est une ville dynamique qui crée en permanence de la
richesse et qui n'a pas encore digéré tous les espaces ruraux situés sur
ses marges - et parfois même au c�?ur l'aire métropolitaine. Contrairement aux discours convenus, les problèmes écologiques rencontrés par l'une des plus grandes villes du monde ne sont pas liés à une crise supposée de la modernité urbaine : ils sont en fait le résultat d'une longue histoire qui débute avec la conquête de Tenochtitlan par les Espagnols, en 1521. Si on veut comprendre la complexité des relations qu'entretient aujourd'hui la mégapole mexicaine avec son environnement, c'est donc dans la longue durée qu'il faut étudier cet organisme urbain de vingt millions d'habitants qui est peut-être un laboratoire des cités du futur.




