BIODIVERSITE ENTRE ECOLOGIE, ETHIQUE ET DEVELOPPEMENT DURABLE
La protection de la biodiversité est devenue un enjeu de société majeur, mais n'a pas donné lieu à des développements éthiques univoques. La nature est différemment évaluée et perçue par les différents acteurs sociaux, entre lesquels un espace commun d'interlocution peine à s'établir. Du point de vue des conduites sociales, évaluer la nature essentiellement en fonction des besoins et des nécessités de l'espèce humaine ne coïncide pas nécessairement avec la sauvegarde des espèces animales et végétales et des environnements qui leur permettent d'exister et de proliférer.
Y A-T-IL UNE BONNE ET UNE MAUVAISE BIODIVERSITE
La croyance qu'il y a une bonne biodiversité opposée à une mauvaise biodiversité est répandue parmi les défenseurs de la conservation de la nature militants et chez certains scientifiques de l'écologie. La bonne biodiversité est indigène alors que la mauvaise est allogène, constituée d'espèces immigrantes dépréciées comme « opportunistes », « ubiquistes » ou « cosmopolites ». Ainsi, certaines plantes seront qualifiées sans hésitation de « peste végétale ». Confrontés à des invasions de plantes ou d'animaux sauvages et exotiques, les défenseurs de la conservation dénonceront ces intrusions comme une cause possible de déséquilibres écologiques. Que ces espèces aient été délibéremment introduites ou non, on parle de les éradiquer au nom des dommages qu'elles pourraient causer à la flore et à la faune locales. Cette communication met en question ce biais en faveur de l'autochtonie et examine les arguments historiques et écologiques pouvant le justifier ou, au contraire, l'invalider.
LA VILLE "BIEN COMMUN" ENTRE NATURE ET TECHNIQUE
La crise environnementale a conduit à interroger la façon dont nous opposons la ville à la campagne, tant du point de vue des représentations communes que de celui d'une conception des forces économiques. L'idée d'une biodiversité urbaine intéresse aujourd'hui les représentants de l'Etat. Les politiques de développement durable mettent en évidence que la ville n'est pas (ou plus) un espace clos, mais un mode d'habiter reposant sur l'appropriation des ressources naturelles. Ceci implique de revoir les modalités de développement de la condition citadine en la situant entre le pôle de la nature et ce lui de la technique.




