Dans son célèbre Essai de 1798, Malthus montrait que les subsistances s'accroissaient moins vite que la population dont elles fixaient la limite. Depuis deux siècles, les savants ont calculé des valeurs très différentes pour la population maximale de la Terre. 45 estimations variant de 4 à plus de 40 milliards de personnes seront présentées. Ces différences s'expliquent par des appréciations divergentes du rôle attribué au progrès technique et à la place de l'homme dans la nature, mais elles tiennent aussi et principalement à des différences dans la composition de l'alimentation. Selon que l'on est végétarien ou carnivore, la production de céréales nécessaires varie de un à dix. Depuis quelques années, il faut en outre tenir compte des biocarburants (20% de la production de maïs leur est destinée). En conséquence, selon l'évolution de la demande de viande et d'énergie, le nombre de personnes souffrant de la faim diminuera ou s'accroîtra : il n'est pas une donnée naturelle mais politique. L'examen des fluctuations récentes du prix des céréales le confirmera et fera apparaître des contraintes supplémentaires tenant aux stocks, aux changements climatiques et à la spéculation.




