Dans notre société, les progrès des sciences et des techniques alliés à l'évolution des mentalités et des modes de vie ont permis de réduire la mortalité infantile, de mieux lutter contre les maladies, d'en limiter les séquelles et d'augmenter l'espérance de vie. Les adolescents profitent évidemment de ces acquis et le niveau de leur santé physique est excellent. Mais cette bonne santé du corps met paradoxalement en exergue que les deux premières causes de décès sont, à l'adolescence, des morts violentes (accidents de la circulation, suicides) et que la morbidité résulte pour une bonne part de conduites à risque jugées évitables. Quant à leur santé psychique, si rien d'indique chez eux une augmentation des grandes maladies mentales, on constate en revanche qu'un adolescent sur sept souffre de troubles anxio-dépressifs pudiquement appelés « mal-être. »
Du point de vue des adultes qui les ont en charge, la prévention devrait amener les adolescents à « s'épargner » dans la perspective de se constituer un capital-santé dont ils bénéficieront avec l'âge. Du point de vue des adolescents, ce « discours d'assureur » est surtout destiné à les empêcher d'expérimenter les arcanes de la vie. Pour eux, être en bonne santé, c'est être bien dans sa peau et bien dans sa tête, jouir du temps présent sans trop se soucier de l'avenir. Comment concilier ces points de vue ? C'est ce que l'auteur se propose d'explorer à l'aide de nombreuses illustrations.




