Contrairement au langage parlé, la lecture est une invention culturelle récente. L'évolution n'a pas eu le temps de développer des mécanismes propres à la lecture au sein de notre cerveau. Comment notre système visuel et linguistique parvient-il à s'adapter au problème nouveau que pose la reconnaissance visuelle des mots ? Selon l'hypothèse du recyclage neuronal, l'espèce humaine parvient à reconvertir certains de ses circuits anciens, hérités d'une longue évolution, pour des fonctions culturelles suffisamment proches. La recherche en imagerie cérébrale, tant chez l'adulte que chez l'enfant, montre qu'une région corticale située dans la région occipito-temporale gauche se spécialise progressivement pour la reconnaissance des mots écrits. J'en examinerai les mécanismes neuronaux, tels qu'ils sont connus chez les autres primates non-humains, et la manière dont ils se transforment chez l'enfant à qui on enseigne la lecture. Leur organisation explique bon nombre de paradoxes de la lecture: la cpaaicté de lrie des pahsres dnot les lteters snot mlénaéegs, l'inefficacité de la lecture globale, l'écriture en miroir des jeunes enfants, la forme même de nos lettres... Je discuterai également les hypothèses les plus récentes sur les origines cérébrales et génétiques de la dyslexie.
Les neurones de la lecture, S. Dehaene,
éd. Odile Jacob , 2007 (Traduction anglaise: Reading in the brain. New York, Penguin Viking, 2009).
Cognition et lecture. Processus de base de la reconnaissance des mots écrits chez l'adulte, L. Ferrand,
éd. De Boeck Université, Bruxelles, 2001
Lecture et dyslexie: Approche cognitive,
L.Sprenger-Charolles et P. Collé,
éd. Dunod, Paris 2003




