Les monuments historiques sont soumis à de nombreux facteurs d’altération parmi lesquels la biodétérioration, qui occupe une place non négligeable. Ce type de dégradation correspond à toutes les modifications physiques ou chimiques que peut subir un substrat, quel qu’il soit (pierre, polychromies, vitrail, bois, tapisseries...) sous l’action d’organismes vivants tels que les bactéries, champignons, algues, lichens...c’est à la faveur de certaines conditions environnementales et climatiques, que des espèces particulières vont se développer, entraînant une biodétèrioration du matériau. La mise en évidence et l’identification des micro-organismes dégradant les oeuvres d’art méritent la plus grande attention. L’exacte connaissance des causes d’un dégât permet d’adapter au mieux les mesures à prendre et traitements à mettre en oeuvre.
Si la pierre abrite de nombreux microorganismes susceptibles d'entraîner des altérations, elle est aussi un réservoir de bactéries telluriques "utiles". Certaines d'entre elles ont la capacité de fabriquer du carbonate de calcium suivant un processus appelé la "carbonatogenèse ». L'isolement de germes carbonatogènes, issus de divers environnements calcaires naturels et la définition d'un milieu de culture artificiel stimulateur ont permis de développer une nouvelle approche de traitement de la pierre calcaire : la biominéralisation c'est à dire la création artificielle d'un épiderme naturel et protecteur de calcite, en surface du matériau.




