Des exigences de sûreté revues à la hausse

Le cas de la centrale de Fessenheim

Dans son rapport sur les évaluations complémentaires de sûreté conduites après l’accident de Fukushima, rendu public le 3 janvier 2012, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ne demande l’arrêt immédiat d’aucune des installations nucléaires françaises. En revanche, elle prescrit des mesures visant à augmenter la robustesse des centrales nucléaires vis-à-vis de situations extrêmes, ce qui nécessitera des investissements de plusieurs centaines de millions d’euros.

Principaux sites nucléaires en France

Ainsi, les centrales de Gravelines, Saint Alban ou Tricastin devront être protégées contre le risque chimique des industries proches. A Bugey, Civaux, Fessenheim ou Tricastin, la résistance aux séismes devra être revue à la hausse. Et à Blayais, Chinon, Cruas, Fessenheim, Saint-Laurent ou Tricastin, le risque d’inondations devra davantage être pris en compte. Par ailleurs, les plus anciens réacteurs exploités par EDF arrivent au terme de 30 années de fonctionnement (80% du parc atteindra cette durée de vie d’ici 2017).

Si l’ASN donne son feu vert lors de sa visite décennale à une prolongation de leur exploitation pour dix ans, il en coûterait 500 millions d’euros par réacteur, selon EDF, pour mettre en conformité ces équipements vieillissants.

« Noyau dur » et « force d’action rapide »

Suite à la catastrophe de Fukushima, l’ASN a pris la décision de mettre en place un « noyau dur », c’est-à-dire un ensemble d’équipements et d’actions qui, même en cas d’aléas totalement hors normes, devront être préservés coûte que coûte : séisme au-delà des prévisions des modèles géophysiques, tempête millénaire, inondation par rupture d’un canal, explosion dans une usine chimique voisine, voire combinaison de plusieurs aléas extrêmes. Avant le 30 juin 2012, le contenu du « noyau dur » de chaque installation devra être proposé à l’ASN par les exploitants.

Par ailleurs, d’ici fin 2012, une « force d’action rapide nucléaire » capable d’intervenir en moins de 24 heures sur un site accidenté sera mise en place. De même que des dispositions afin de réduire les risques de « dénoyage » (mise hors d’eau) du combustible usé entreposé dans les piscines des centrales ou à La Hague. Enfin, des études devront indiquer si oui ou non des dispositifs supplémentaires de protection des nappes phréatiques en cas d’accident grave sont possibles. Quant au risque terroriste, il fait l’objet de désaccords entre experts sur son degré de prise en compte.

Jacques Repussard, directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) dresse un état des lieux du parc nucléaire français.
 

Quels sont les rôles de l’ASN et de l’IRSN ?

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), en tant qu’autorité administrative indépendante, contrôle et réglemente l’ensemble des activités nucléaires civiles en France : centrales nucléaires d’EDF, installations du CEA, transport des matières radioactives, activités nucléaires dans le domaine médical ou la recherche. Régulièrement, l’ASN s’appuie sur les expertises de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Placé sous la tutelle de plusieurs ministères, l’IRSN est un établissement public qui exerce des missions d’expertise et de recherche sur les risques nucléaires et radiologiques.

Partager cette page sur :

Commentaires

Réagir à cet article

e-mail : *
Votre email ne sera pas visible
pseudo : *
Commentaire : *
Saisissez ci-dessous le texte suivant : *