Depuis 2022, Universcience a développé un outil de mesure et d’analyse, le Baromètre de l’esprit critique. Chaque année, l’établissement réalise une étude portant sur le degré de développement et de représentation de l’esprit critique dans l’opinion publique, et fait un focus particulier sur un sujet d'actualité.
Comment nos concitoyens voient-ils et pratiquent-ils les sciences ? Quels médias utilisent-ils pour s’informer ? Quelle confiance leur accordent-ils ? Pour se forger leur opinion, s’appuient-ils plutôt sur leurs intuitions ou sur l’avis d’autrui ?
L'argent, thème de l'édition 2026
Après avoir sondé en 2022 nos concitoyens sur la vaccination, en 2023 sur le réchauffement climatique, en 2024 sur leur rapport aux applications de l’intelligence artificielle, en 2025 sur l'alimentation, cette enquête les sonde, cette année, sur l'argent.
Dépenses des ménages, rapport à l’impôt, euro numérique ou encore taxe Zucman… Autant de questionnements abordés dans le sondage de cette nouvelle édition.
Le Baromètre de l’esprit critique et le Printemps de l’esprit critique sont suivis par un comité scientifique composé de :
- Michel Dubois, directeur de recherche au GEMASS à Sorbonne Université et directeur de l’Office français de l’intégrité scientifique (OFIS)
- Emiliano Grossman, professeur au Centre d’études européennes et de politique comparée à Sciences Po
- Marie-Aude Laguna, maîtresse de conférences, Dauphine Recherches en Management, Université Paris dauphine
- Jeanne Lazarus, directrice de recherche CNRS, Centre de sociologie des organisations (CSO), Sciences Po
- Elena Pasquinelli, philosophe des sciences et chercheuse associée au département d’études cognitives de l’institut Jean-Nicod (CNRS/ENS/EHESS)
- Magda Tomasini, inspectrice générale de l’INSEE, directrice de l’évaluation de la prospective et de la performance au ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
Découvrez les résultats du Baromètre de l’esprit critique 2026 : table ronde, synthèse, infographie, rapport complet…
Les Français et les sciences
Depuis 5 ans, l’intérêt des Français pour les sciences ne se dément pas
6 Français sur 10 se déclarent intéressés par les sujets scientifiques. Chez les jeunes de 15-24 ans, près d’un quart se disent même très intéressés.
Un consensus sur le rôle positif des sciences...
Les Français adhèrent très majoritairement aux bénéfices concrets des sciences (technologies, compréhension du monde, amélioration des conditions de vie). Cette vision pragmatique transcende les clivages d’âge, de genre et de CSP. Les scores d’adhésion aux bénéfices de la science sont restés stables depuis 2023, malgré des crises majeures (COVID-19, controverses sur les vaccins, débats sur l’IA).
8 Français sur 10 considèrent la science comme un levier de compréhension du monde et affirment qu’elle améliore nos conditions de vie et 72 % considèrent que la science apporte une rigueur de pensée.
Auprès des 15-17 ans, le rapport à la science est encore plus positif : 91 % estiment qu’elle aide à mieux comprendre le monde (vs 81 % des Français) et 92 % que la science permet de développer des technologies utiles à tous (vs 84 % des Français).
La science est aussi perçue comme un outil de compréhension de soi : 85 % des 15-17 ans estiment qu’elle permet de comprendre qui nous sommes (vs 78 % des Français).
... une confiance nuancée et segmentée envers la communauté scientifique
La perception de l’indépendance de la communauté scientifique révèle une confiance nuancée et segmentée, marquée par des clivages socio-démographiques et un regard critique sur les institutions.
Seuls 48 % des Français estiment que la communauté scientifique est indépendante pour valider ses résultats, un score en recul (-5 pts par rapport à 2025). Cette défiance est particulièrement prononcée chez les femmes (42 % d’accord vs 53 % des hommes) et les CSP- (43 % vs 52 % des CSP+). 62 % des Français estiment que les scientifiques suivent des règles éthiques strictes. Cette perception est plus positive chez les 15-24 ans (70 %) et plus encore chez les 15-17 ans (78 %). Elle reste toutefois marquée par une part non négligeable de réserves : près d’1/4 des Français (24 %) se disent « plutôt pas » ou « pas du tout » d’accord et 14 % déclarent ne pas savoir. 54 % des Français estiment que, dans leurs domaines, les scientifiques sont les mieux placés pour savoir ce qui est bon pour les citoyens, avec un niveau d’adhésion plus élevé chez les 15-24 ans (64 %). 47 % des Français considèrent que la science est la seule source fiable de savoir sur le monde (-5 points vs 2025). 6 français sur 10 considèrent même que les scientifiques disposent d’un pouvoir qui pourrait les rendre dangereux.
Les 15-24 ans sont plus optimistes que la moyenne sur le rôle moral de la science : 68 % pensent qu’elle rend l’homme meilleur (vs 59 % des Français), mais ils sont aussi plus nombreux à craindre le pouvoir des scientifiques (65 % vs 61 %).
Un sentiment plus distancié chez les femmes
Seules 33 % des femmes se considèrent comme ayant un « profil scientifique » lorsqu’elles étaient élèves, contre 50 % des hommes. Les jeunes femmes sont plus nombreuses à se percevoir comme scientifiques (46 %), mais l’écart avec les jeunes hommes (60 %) reste important.
Elles sont moins nombreuses à s’intéresser aux sujets scientifiques (54 % vs 69 % des hommes), s’informent moins souvent (74 % se renseignent au moins une fois par mois vs 81 % des hommes) et sont plus nombreuses à se détourner complètement des sciences (18 % ne s’informent jamais, vs 11 % des hommes).
Les femmes sont également plus circonspectes sur les questions d’indépendance : seules 42 % estiment que la communauté scientifique est indépendante (vs 53 % des hommes) ; 60 % pensent que les scientifiques respectent des règles éthiques strictes, contre 64 % des hommes. Elles sont plus nombreuses (63 %) que les hommes (59 %) à considérer que les scientifiques peuvent détenir un pouvoir potentiellement dangereux.
Les musées scientifiques ont la cote auprès des 15-24 ans
62 % des 15-24 ans ont visité un musée à caractère scientifique au cours des douze derniers mois (vs 42 % des Français). Ils sont 42 % à visiter régulièrement des expositions scientifiques ou techniques (vs 26 % des Français). 33 % déclarent collaborer à des expériences de science participative, tels que des ateliers, jeux, débats, expériences (vs 17 % des Français), 29 % prendre part à des rencontres avec des chercheurs (vs 13 %) et 27 % participer à des débats publics autour de sujets scientifiques (vs 13 %). 63 % des 15-24 ans pratiquent des activités scientifiques au moins de temps en temps (vs 40 %).
Les 15-17 ans sont encore plus actifs en matière de pratique scientifique, notamment car ils sont encore au cœur de leur parcours scolaire et donc exposés aux disciplines et contenus scientifiques.
Les Français et l'esprit critique
76 % des Français considèrent avoir de l’esprit critique
Interrogés sur ce que signifie « faire preuve d’esprit critique », une très large majorité des Français perçoit, en premier lieu, des attitudes individuelles de réflexion (90 %) et d’information (79 %) qui consistent autant à faire preuve de raisonnement logique et rationnel (47 %), que de s’informer davantage avant de se positionner (46 %).
Viennent ensuite les attitudes liées au dialogue et au débat d’idées (citées par 70 % des Français), avec notamment la capacité à échanger avec des personnes aux opinions divergentes (44 %).
Cependant, ils témoignent d’une certaine ambivalence dans leur rapport à l’esprit critique : 40 % des Français préfèrent échanger avec des personnes qui partagent leurs opinions (53 % chez les 15-24 ans) et 34 % admettent qu’il leur arrive de persister dans leurs arguments même lorsqu’ils ne sont pas sûrs de leur solidité (53 % chez les 15-24 ans).
4 profils se dessinent dans le rapport à l’esprit critique
En analysant leurs attitudes et leurs pratiques face à la science et à l’esprit critique, on peut distinguer 4 grands profils :
Les rationalistes s’appuient fortement sur la science pour comprendre le monde (93 %), avec un esprit critique rationnel fondé sur le raisonnement (55 % vs 47 % de la population) et l’évaluation des sources (52 % vs 38 % de la population). Plus masculins (53 %), jeunes (28 %) et urbains (52 %) que la moyenne nationale, ils affichent une grande confiance dans leur capacité de jugement. 90 % considèrent avoir de l’esprit critique, contre 76 % de la population.
Les humanistes considèrent l’esprit critique comme une capacité d’ouverture. Plutôt féminins (62 %) et littéraires (45 %), ils affichent une confiance raisonnée dans la science, qui fait partie de la culture pour 81 % d’entre eux (vs 76 %) mais ne constitue pas la seule source fiable de savoir (50 % vs 42 %) et un esprit critique basé sur l’altérité et le dialogue. 53 % se disent capables d’échanger avec des personnes aux opinions divergentes (vs 44 %) et 48 % déclarent comprendre les arguments des autres (vs 37 %).
Les pragmatiques plus souvent masculins (56 %) et scientifiques (60 %), considèrent la science comme un socle de connaissances fiables et utiles et mobilisent l’esprit critique avant tout pour décider efficacement. 30 % considèrent le fait de « savoir prendre la bonne décision » comme une dimension importante de l’esprit critique (vs 20 % de la population). Inversement, 39 % seulement se considèrent capables d’échanger avec des personnes aux opinions divergentes (vs 44 %) et 31 % de changer d’avis (vs 40 %). Moins investis dans le débat d’idées ou la confrontation des points de vue, ils incarnent une forme d’esprit critique opérationnelle.
Les distants sont les plus éloignés de la science, avec un esprit critique peu mobilisé dans le quotidien et sont plutôt féminins (55 %), peu ou pas diplômés (41 %). Cette distance avec la science se traduit par un moindre intérêt pour les sujets scientifiques (39 % contre 61 % de la population). 59 % pensent que la science permet de comprendre qui nous sommes (vs 78 %). Ils se caractérisent par un rapport moins précis à l’esprit critique et plus rarement revendiqué : seuls 55 % se définissent comme ayant l’esprit critique (vs 76 % de la population). Moins ouverts aux échanges (43 % disent débattre avec leurs amis, contre 66 % des Français), ils se déclarent moins souvent prêts à changer d’opinion sur la base de raisons convaincantes (69 % vs 82 %).
Les Français et l’information
Le rapport des Français à l’information montre un paradoxe central : les sources auxquelles ils accordent le plus de confiance sont de moins en moins utilisées
Alors que l’usage des médias traditionnels est en baisse, leur confiance continue d’augmenter, par rapport aux sources numériques (internet et réseaux sociaux) qui restent stables.
Certaines sources « instituées » (TV, presse écrite, radio) sont de moins en moins utilisées pour s’informer : -5 pts pour la radio, -8 pts pour la télévision, -11 pts pour la presse papier depuis 2023, avec aujourd’hui respectivement 39 %, 61 % et 25 % de Français qui s’informent via ces canaux. Elles disposent pourtant d’une crédibilité élevée (62 %, 56 % et 65 % de confiance) et en augmentation.
Les réseaux sociaux, sont consultés par 30 % des Français et 57 % des 15-24 ans. 8 utilisateurs sur 10 les consultent quotidiennement mais ils suscitent un niveau de confiance nettement plus faible (29 % des utilisateurs) depuis plusieurs années. 60 % des Français utilisent Internet pour s’informer (-10 pts depuis 2023) mais la confiance qu’ils lui accordent est restée stable : 54 %.
Cette tension révèle une diversification des sources et des usages vers des formats plus accessibles, rapides et omniprésents, sans que ceux-ci ne soient perçus pour autant comme fiables.
Et selon les profils ?
Les rationalistes représentent le profil le plus informé (4,5 sources contre 3,6 en moyenne). Ils se distinguent par une consommation de médias et un niveau de confiance supérieur à la moyenne. Ils s’informent davantage par Internet (70 %), la radio (46 %), ils sont plus nombreux que la moyenne à déclarer avoir confiance dans la majorité des médias sur Internet (63 % contre 54 %) et dans la majorité des réseaux sociaux (34 % contre 29 %).
Les humanistes se distinguent également par une forte consommation d’information (4 sources), accordent un niveau de confiance comparable à la moyenne envers la télévision (56 %), la radio (60 %) ou la presse papier (63 %), mais accordent une confiance plus limitée dans les sources numériques – Internet (48 % vs 54 % de la population) et les réseaux sociaux (19 % vs 29 %).
Les pragmatiques s’informent moins que la moyenne (3,2 sources) notamment via Internet (54 % vs 60 %). Ils consultent la télévision (60 %) et la radio (37 %) autant que le reste de la population, et manifestent un niveau de confiance envers les médias équivalent à la moyenne des Français.
Les distants sont le profil le moins informé (2,7 sources) : 47 % par internet, 29 % par l’entourage, 27 % par la radio, 15 % par la presse papier – et leur confiance envers les médias est globalement plus faible que la moyenne.
Chez les jeunes, l’IA s’installe comme un vecteur d’informations de confiance
Parmi les 17 % des 15-24 ans qui utilisent une application d’IA pour suivre l’actualité (contre 5 % des Français), la moitié consulte l’IA quotidiennement et 75 % font confiance à la majorité des outils consultés.
Auprès des jeunes qui les utilisent, les moteurs de recherche et les agrégateurs de contenus obtiennent des scores de confiance inférieurs (57 % et 62 %) à celle suscitée par les outils d’intelligence artificielle (75 %).
Les Français et l’argent
Un intérêt fort pour l’argent
L’argent est un sujet sur lequel les Français s’informent largement : 4 Français sur 5 recherchent des informations sur les finances ou le patrimoine.
Des connaissances à géométrie variable concernant les réalités économiques
Seuls 2 Français sur 5 savent que 40 % des salariés gagnent moins de 2 000 € nets par mois. En revanche, interrogés sur le principal poste de dépenses des ménages en France, 67 % des Français identifient correctement le logement comme premier poste. 72 % reconnaissent que la TVA est l’impôt qui concerne le plus grand nombre de personnes.
Les mécanismes économiques plus abstraits, comme l’inflation, sont aussi majoritairement compris. Face à une situation combinant 1 % de rendement de l’épargne et 2 % d’inflation, 7 Français sur 10 identifient que le pouvoir d’achat de l’épargne diminue.
Une aisance inégale face aux décisions financières
Lorsqu’il s’agit de prendre des décisions financières concrètes, seule une courte majorité de Français (56 %) se dit à l’aise pour prendre des décisions concernant son argent (épargne, crédits, achats importants), 30 % se déclarant mal à l’aise, 14 % ne savent pas ou ne se prononcent pas. 1 Français sur 2 s’est déjà retrouvé en difficulté pour comprendre les placements financiers proposés par sa banque.
Inquiétude, confiance relative, voire défiance façonnent la manière de s’informer sur l’argent
Pour s’informer sur les questions d’argent, la première source d’information reste le banquier ou le conseiller financier (45 %), avant la famille (27 %) et l’entourage proche (21 %). 76 % des Français déclarent se faire prioritairement confiance sur les questions relatives à l’argent (dont 23 % « tout à fait confiance »). Puis viennent l’entourage (61 %), les banquiers (55 %), les économistes (49 %), et enfin les chercheurs spécialisés en économie et les entreprises (46 %). En revanche, 67 % des Français se méfient des applications d’intelligence artificielle. La défiance est encore plus marquée à l’égard des Youtubeurs et influenceurs spécialisés en finance (75 % de défiance), des élus et représentants politiques (11 % de confiance, 80 % de défiance) et des influenceurs en général (82 % de défiance). 3/4 des Français estiment que l’éducation reçue de leurs parents a influencé la manière dont ils gèrent aujourd’hui leur argent.
Chez les femmes, une assurance moindre sur le sujet de l’argent
Les femmes sont sensiblement moins nombreuses à se dire à l’aise (49 % vs 63 % des hommes) pour prendre des décisions concernant leur argent (épargne, crédits, achats importants) et déclarent plus fréquemment des situations de difficulté liées au manque de connaissances financières : la compréhension de la perte de pouvoir d’achat liée à l’inflation est moins bien maîtrisée par les femmes que par les hommes (66 % vs 75 %). 53 % des femmes déclarent avoir déjà été en difficulté pour comprendre les produits financiers (vs 45 % des hommes) et 35 % pour lire leur bulletin de salaire (vs 29 % des hommes).
Les femmes sont également plus nombreuses à ne jamais s’informer (22 % vs 16 % des hommes). Elles font plus confiance à leur entourage et se montrent plus méfiantes que les hommes envers tous les autres relais d’information sur l’argent : 44 % des femmes font confiance aux économistes et 37 % aux journalistes économistes et financiers (vs 53 % et 47 %).
En revanche les jeunes femmes (15-24 ans) sont moins nombreuses que les jeunes hommes à avoir eu des difficultés à gérer leur budget personnel (33 % vs 42 %).
L’argent chez les jeunes : un sujet de confiance et d’émancipation
Les 15-24 ans s’informent davantage auprès des personnes de proximité, en particulier la famille (47 % des jeunes vs 27 % de la population). Ils se montrent plus confiants que le reste de la population envers les acteurs experts (+2 à 8 pts) et envers les outils numériques : 41 % pour les applications spécialisées en finance, 40 % pour les applications d’intelligence artificielle.
La défiance reste néanmoins majoritaire à l’égard des Youtubeurs et influenceurs spécialisés en économie/finance (33 % de confiance), des influenceurs au global (25 %), des élus politiques (27 % de confiance) et des représentants religieux (26 %).
Les jeunes apparaissent nettement plus à l’aise pour aborder ces sujets : 67 % des 15-24 ans déclarent parler facilement d’argent avec leurs amis, contre 58 % dans l’ensemble de la population. Lorsqu’ils étaient enfants, pour 52 % des Français, leurs parents ne leur parlaient jamais d’argent, contre 41 % des jeunes aujourd’hui.
Les 15-17 ans ont davantage tendance à considérer que les questions d’argent et de finances ne sont pas assez enseignées (84 % vs 77 % des 15-24 ans) et qu’elles devraient faire partie des connaissances générales que tout le monde devrait maîtriser (84 % vs 76 %). Ils considèrent l’argent comme un levier d’autonomie (84 % vs 75 %), mais aussi comme un facteur d’inégalités entre les femmes et les hommes (76 % vs 68 %). Ils sont également sensibles à l’idée qu’une répartition égalitaire de l’argent est le signe d’une société plus juste (73 % vs 65 %).
Et selon les profils ?
Les rationalistes se distinguent par un rapport affirmé et structuré à l’argent, perçu comme un levier d’autonomie et de réussite. Plus à l’aise que la moyenne sur les questions financières (66 % en parlent facilement avec leurs amis), ils valorisent fortement la maîtrise des connaissances économiques (90 %) et associent l’argent à la liberté de choisir sa vie (86 %) ainsi qu’à la prise de risque individuelle (59 %). Pour autant, ils ne lui accordent pas une place exclusive : 79 % estiment qu’il compte moins que la famille, l’amitié ou le temps libre.
Les humanistes sont attachés à la culture financière (88 %) et convaincus que l’argent peut être un outil d’émancipation (83 %). Ils n’en font pas pour autant une valeur centrale (77 % le jugent moins important que les liens personnels). Leur rapport à l’argent s’inscrit dans une perspective de sécurisation et de justice sociale : 72 % considèrent que les écarts de revenus entravent l’autonomie financière des femmes.
Les pragmatiques ont une vision plus fonctionnelle de l’argent. L’argent est vu comme un levier de liberté (74 %) et ils sont un peu plus nombreux (14 %) à considérer l’argent comme un objectif personnel d’enrichissement - même si cette dimension reste minoritaire. Ce rapport plus utilitariste s’accompagne de tensions plus fréquentes, notamment dans le couple (27 % évoquent des désaccords liés à l’argent) et 38 % ont déjà rencontré des difficultés lors d’une demande d’emprunt immobilier (vs 31 %).
Les distants entretiennent un rapport plus subi et moins investi à l’argent. Ils sont plus nombreux à ne pas s’informer sur ces sujets (37 %), ils associent moins l’argent à la liberté (68 %) et peinent davantage à se positionner sur ses enjeux sociaux : seuls 49 % jugent qu’une répartition plus égalitaire rendrait la société plus juste (vs 61 %) et 22 % ne se prononcent pas.
Zoom sur l’euro numérique
Si un Français sur deux (52 %) déclare avoir déjà entendu parler de l’euro numérique, seuls 17 % estiment bien voir de quoi il s’agit. Ils s’en méfient : l’augmentation de la possibilité de contrôle des changes financiers grâce à l’euro numérique est considéré comme une bonne chose par seulement 36 % des Français et 55 % considèrent que la réduction potentielle de l’argent liquide serait une mauvaise conséquence de l’euro numérique. Les jeunes se distinguent par un niveau de connaissance plus élevé (65 %).
Seule la moitié des Français considèrent comme une bonne chose que l’euro numérique puisse constituer une alternative de confiance face au Bitcoin (40 % pour les Français et 50 % pour les jeunes) ou permettre de se passer d’une banque privée (44 % pour les Français et 51 % pour les jeunes).
Les résultats du baromètre en infographie